Comment Svetlana Tsikhanovskaïa, candidate à la présidentielle par amour, est devenue l’égérie de la révolte biélorusse

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Svetlana Tiskhanovskaïa, le 9 août, dans son bureau de vote.

Elle pensait que les Biélorusses l’auraient haïe. Ne les avait-elle pas trahis en choisissant l’exil ? N’avait-elle pas fui le combat de sa nation ? Ses concitoyens ne l’ont aimée que davantage. Ses faiblesses, ses peurs, sa pudeur et sa simplicité sont aussi celles du peuple biélorusse. Elle est « leur » présidente. Et Svetlana Tsikhanovskaïa accepte maintenant de l’assumer. « Je suis prête à agir en tant que chef de la nation (…) afin que le pays s’apaise et revienne à la normale. Afin que nous puissions libérer tous les prisonniers politiques et préparer un cadre juridique », a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée lundi 17 août.

Candidate à la présidentielle du 9 août par amour, Svetlana Tsikhanovskaïa, 37 ans, s’est présentée devant les électeurs sans y croire. Jamais elle n’a pensé qu’elle, une mère de famille des plus ordinaires, pourrait déstabiliser un autocrate à la tête du pays depuis 26 ans. Et pourtant. C’est, à l’issue d’élections massivement falsifiées, qu’elle a fait vaciller Alexandre Loukachenko, entraînant la rue à se mobiliser pour défendre son vote.

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Misogynie

Le destin de cette mère au foyer bascule au mois de mai. Son mari, le blogueur Sergueï Tsikhanovski, vient d’être arrêté. Emprisonné pour trouble à l’ordre public, l’homme est en réalité coupable d’avoir osé défier le régime en mettant au jour la disgrâce de Loukachenko. Pendant des semaines, il a parcouru le pays filmant, dans les villes et les campagnes, les griefs des habitants à l’encontre du chef d’Etat. Un président qui aime à se faire appeler « Batka » (le père) mais refuse de protéger son peuple contre le Covid-19, qu’il considère comme une psychose que l’on soigne au grand air. Il se lance ainsi dans la campagne présidentielle avec pour seul programme de mettre fin au règne du « cafard ». Lorsqu’il est mis derrière les barreaux, Svetlana Tsikhanovskaïa, portée par la colère, le remplace.

A l’époque, personne ne pense que sa candidature aura un quelconque impact sur l’avenir de la Biélorussie. L’ancienne traductrice, piètre oratrice, ignore tout du monde politique. Pire, c’est une femme. Les Biélorusses pourraient-ils voter pour quelqu’un qui ne sait même pas tenir une arme ? En signe de mépris, Alexandre Loukachenko accepte sa candidature, rejetant toutes celles des autres opposants qu’il pense susceptible de le menacer. Après avoir jeté en prison Sergueï Tsikhanovski, il fait arrêter l’ex-banquier Viktor Babaryko, qui prétendait, lui aussi, concourir à l’élection, et invalide la candidature d’un ancien diplomate, Valery Tsepkalo.

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