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Elle a quitté le champ de bataille, mais la guerre continuera sans elle. Mardi 11 août, l’exil forcé de Svetlana Tsikhonovskaïa, la « Jeanne d’Arc » biélorusse qui a contribué à faire naître une révolte populaire contre l’autocrate Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis vingt-six ans, n’avait pas entamé la détermination des Biélorusses.
Dès 18 heures, les images diffusées sur les fils Telegram utilisés pour contourner les blocages Internet montraient les mêmes scènes que la veille et l’avant-veille : celles de gens ordinaires descendus à Minsk et dans les rues des petites villes de province pour crier leur soif de démocratie. Face à eux, une répression chaque soir plus féroce menée par les Omon, les brigades antiémeutes tirant sur les attroupements parfois mineurs avec des balles en caoutchouc et matraquant les vitres des voitures, tandis que la présence de l’armée fait craindre une irréversible escalade de la violence.
Malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires, les Biélorusses ont démontré, mardi soir, qu’ils étaient encore prêts à se battre pour accéder à cette vie décente que leur refuse le chef d’Etat. Peu importe que Svetlana Tsikhonovskaïa suive désormais les événements depuis Vilnius en Lituanie, où elle a trouvé refuge. Peu importe aussi, que celle qui avait galvanisé les foules lors de la campagne présidentielle ait appelé, dans un message macabre diffusé sur les réseaux pro-gouvernement, à cesser le combat.
« Moi Svetlana Tsikhonovskaïa, je vous remercie d’avoir participé à l’élection présidentielle. Le peuple biélorusse a fait son choix. Avec gratitude et chaleur, je lance un appel à tous les citoyens qui m’ont soutenue. Biélorusses, je vous exhorte à être prudents et à respecter la loi. Je ne veux pas de sang et de violence. Je vous demande de ne pas affronter la police, de ne pas sortir dans les rues pour ne pas vous mettre en danger. Prenez soin de vous et de vos proches », explique-t-elle.
Menace
La confession n’a dupé personne. Les observateurs locaux ont vite déduit que la mère de famille avait été menacée. Svetlana Tsikhonovskaïa, 37 ans, s’est présentée à l’élection présidentielle du 9 août pour remplacer son mari, un blogueur, emprisonné pour avoir mis en évidence l’incurie de l’Etat. A-t-on menacé son époux ? Son équipe de campagne ? Sa famille ? Mystère. Mais c’est après sept heures passées dans le bureau de la présidente de la Commission électorale où elle était venue contester le résultat du scrutin, qui a offert un sixième mandat à Alexandre Loukachenko, que la trentenaire a enregistré cette vidéo aux airs de confession de prisonnier politique nord-coréen. Dans un autre enregistrement, très émue, elle explique que « les enfants sont la chose la plus importante au monde ». Pendant la campagne électorale, Mme Tsikhonovskaïa, à la suite de menaces, avait décidé de mettre à l’abri son petit garçon et de sa petite fille en Lituanie.
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