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Il se savait en sursis. Jimmy Lai, magnat de la presse de Hongkong, et l’une des principales figures du mouvement prodémocratie, a été arrêté, lundi 10 août, en vertu de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, ont annoncé un de ses proches et une source policière.
« Ils l’ont arrêté chez lui vers 7 heures [1 heure à Paris]. Nos avocats sont en route pour le poste de police », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Mark Simon, proche collaborateur de Jimmy Lai. Il a ajouté que d’autres membres du groupe de presse que M. Lai dirige avaient eux aussi été arrêtés.
Peu auparavant, M. Simon avait annoncé sur Twitter que l’arrestation était en cours. « Jimmy Lai est en train d’être arrêté en ce moment pour collusion avec des puissances étrangères », a-t-il écrit.
Un responsable de la police a déclaré à l’AFP sous le couvert de l’anonymat que M. Lai avait été arrêté pour collusion avec des forces étrangères – une des nouvelles infractions réprimées par la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin – et pour fraude. M. Simon a indiqué sur Twitter que des policiers effectuaient des perquisitions au domicile de M. Lai et à celui de son fils.
Un « traître » pour Pékin
Jimmy Lai, 72 ans, est le propriétaire de deux publications ouvertement prodémocratie et critiques envers Pékin, le quotidien Apple Daily et Next Magazine. Il a déjà été arrêté en février pour avoir participé à une marche non autorisée quelques mois auparavant.
Pour de nombreux habitants de Hongkong, Jimmy Lai est un héros, un propriétaire de presse combatif et le seul magnat du territoire semi-autonome qui ose critiquer Pékin. Mais dans les médias officiels chinois, il est dénoncé comme un « traître », un inspirateur des immenses manifestations prodémocratie qui ont eu lieu à Hongkong et le chef d’un groupe de personnalités accusées de conspirer avec des nations étrangères pour nuire à la Chine.
A la mi-juin, deux semaines avant l’imposition de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, Jimmy Lai déclarait à l’AFP qu’il s’attendait à être arrêté. « Je suis prêt à aller en prison, disait-il. Si cela arrive, j’aurai l’opportunité de lire des livres que je n’ai pas encore lus. La seule chose que je puisse faire est d’être positif. »
Il décrivait alors la nouvelle loi comme « le glas pour Hongkong ». « Elle va remplacer notre régime légal et détruire notre statut financier international », disait-il.
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