[Société] Naufrage à Maurice : une grande vague de solidarité

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“C’est vraiment le premier jour de mobilisation”, confie au bout du fil Sébastien Sauvage, porte-parole d’Eco-Sud, une ONG chargée de protéger l’environnement mauricien. Alors que l’hydrocarbure s’échappe du vraquier “Wakashio” depuis hier, à la pointe d’Esny, dans le Sud-Est de l’île, la solidarité s’organise. “C’est juste incroyable”, note Sébastien Sauvage, qui constate un afflux important de bonnes volontés. L’heure est d’ailleurs à dispatcher tous ces volontaires, inscrits sur une plateforme spéciale, ce qui prend un peu de temps. “On a devant nous un long et pénible moment à passer et il ne faudra pas s’essouffler”, sait par avance Sébastien Sauvage, dont les narines sont prises par les fortes effluves d’hydrocarbure. 

Des ateliers partout sur l’île

Oscillants entre colère -“il y a eu 13 jours d’attente, de passivité complète”, dénonce Sébastien Sauvage- et envie d’aider, les Mauriciens se mobilisent aux quatre coins de l’île. Des volontaires puisent, par leurs propres moyens, des tonnes d’huile lourde. “Beaucoup de petits ateliers se montent, raconte le militant écologiste. Des équipes réalisent des boudins avec des plumes de poule, avec de la paille, et des coiffeurs offrent des coupes gratuites pour récupérer les cheveux, car ils servent à capter l’hydrocarbure. Bientôt il n’y aura plus que des boules à zéro sur l’île”, trouve-t-il la force de plaisanter.

“Si on n’aide pas, on va rester dans cette merde longtemps”

Car la situation est évidemment grave. Le fuel s’écoule et gagne de plus en plus de territoires, polluant au passage le riche écosystème mauricien. Une mauvaise nouvelle qui s’ajoute au Covid-19 et à la fermeture des frontières, empêchant toute forme de tourisme, la principale ressource de l’île. 

 

“On essaie de faire en sorte que les choses se passent bien entre les autorités et les volontaires, poursuit l’ONG Eco-Sud. On a eu un entretien avec les autorités qui souhaitent que les bénévoles ne mettent pas leur santé en jeu et soient équipés de gants, bottes, masques…”  A ce titre, des entreprises apportent leur aide. Dans le Nord, une agence immobilière (Primmo) récupère par exemple des pelles, gants, sacs poubelles et surtout des seaux. “On a négocié 15% de discount avec un magasin face à l’agence”, explique la responsable. 

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Des dons bienvenus

Une plateforme de dons en ligne a également été lancée. Bien sûr, chaque euro compte. “Si on ne prend pas les devants et on n’aide pas, on va rester dans cette merde là très longtemps”, projette Sébastien Sauvage, prêt comme beaucoup de Mauriciens à un long combat.

Kilian Kerbrat 

 

 

 

 

 

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