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Annulées ou maintenues, c’est un peu la foire pour les braderies de l’île. Contexte sanitaire oblige, les municipalités ont pris leur responsabilité, quitte à se réinventer.
Pour Le Port, c’est oui. Les journées commerciales ont démarré hier et se tiennent jusqu’au jeudi 15 août. « Il fallait relancer l’économie et les commerces du Port », souffle-t-on du côté de la municipalité. « Tout le monde est très content, on en a bien besoin », livre, soulagée, Cathie Buscemi, présidente de l’association des commerçants du Port, pour qui organiser l’événement fut plus « compliqué que d’habitude ».
En effet, « il a fallu beaucoup plus expliquer, rassurer », détaille-t-elle, tout mettant en place les protocoles sanitaires. « Tous les exposants ont un masque, des agents de sécurité sont là pour dire aux clients qui ne l’ont pas de mettre le leur, et sur chaque stand, il y a du gel hydroalcoolique. » Résultat, la mairie du Port a autorisé la tenue de l’événement organisé par l’association des commerçants, bien aidée cette année dans les négociations par les forains. « La mairie nous suit de près, vérifie si tout se passe bien, que tout est appliqué », jure Cathie Buscemi, satisfaite et consciente de bénéficier d’un timing heureux. « On a eu de la chance, il n’y avait pas de second tour d’élection municipale et le contexte sanitaire était stable. Mais on craignait qu’au dernier moment, on nous dise non. »
“On ne voulait pas être responsable de ça”
Non, c’est la réponse qu’ont récolté la braderie de l’Océan, à Saint-Denis et celle de Saint-Paul, qui devait se tenir en juillet. Le motif ? La lutte contre l’expansion du Covid-19. « Quand on ferme la voie publique, on a une affluence très positive pour le commerce mais les gens sont souvent au coude-à-coude et on est parfois sur des pics à des milliers de personnes lors de la braderie, explique-t-on du côté de la mairie dyonisienne. Le respect du port du masque étant relatif, on ne voulait pas être responsable de ça. C’était inenvisageable. »

Alors, avec le collectif de commerçants, la municipalité a opté pour une autre solution. La « Rentrée des Bonnes Affaires », qui s’ouvre ce jeudi. Les commerçants de la rue du Maréchal Leclerc et du centre-ville présentent toujours leurs étals, mais cette fois sur des rues non-fermées, sans la présence des forains et surtout, sur une plus longue durée. Ce qui est censé fluidifier et désengorger le trafic. « Le dispositif ira au-delà du 16 août, assure-t-on à la mairie de Saint-Denis. On a cherché un point d’équilibre car si on ne faisait rien, certains commerces, qui font 30% de leur chiffre d’affaire sur la braderie, auraient pu fermer. Là, si on peut les aider à réaliser 10 ou 15%… »
“Où est la logique ?”
Une solution qui passe mal pour Jean-Luc Taïlamé, le président de l’union des commerçants non sédentaires de la Réunion. « On est très déçus, on nous annule une braderie et on autorise un événement où les gens vont s’agglutiner sur les trottoirs. Où est la logique ? » Ce choix, Saint-Denis n’est pas la seule ville à l’avoir fait. Samedi, c ‘est l’opération « Une rentrée de folie » qui démarre à Saint-Paul. Tout ça en attendant une sortie de crise et des jours meilleurs.
Kilian Kerbrat
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