La Corée du Nord reconnaît un premier cas de coronavirus

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Sur cette photo fournie par le gouvernement nord-coréen, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un (deuxième à gauche), participe à une réunion d’urgence du bureau politique à Pyongyang, en Corée du Nord, le samedi 25 juillet 2020.

Après avoir proclamé pendant des mois qu’il n’y a aucun cas de Covid-19 en République populaire démocratique de Corée (RPDC), l’agence de presse nord-coréenne a annoncé, dimanche 26 juillet, qu’un premier cas avait été découvert et que le pays avait été placé en « état d’urgence maximale » par le dirigeant Kim Jong-un au cours d’une réunion du bureau politique qui s’était tenue la veille.

La personne qui, officiellement, n’est encore que « suspectée » d’avoir été infectée est un fugitif qui serait passé en Corée du Sud il y a trois ans et serait revenu clandestinement au Nord le 19 juillet en franchissant la zone démilitarisée qui sépare les deux pays. Il a été découvert à Kaesong, ville frontalière avec la Corée du sud, qui a été immédiatement confinée. Lui-même a été placé en « quarantaine ». Malgré la fermeture du pays depuis début janvier, « il semblerait que le virus soit entré dans le pays » a déclaré le dirigeant.

Vu de l’étranger, c’était plutôt l’absence de tout cas de contamination en RPDC par un virus qui sévit à travers le monde qui était étonnante. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), depuis le début de l’épidémie, il a été procédé en RPDC à un millier de tests de dépistage avec du matériel fourni par la Russie. Tous étaient négatifs. Il n’a pas été précisé si l’homme « suspecté » d’être porteur du virus a fait l’objet d’un test.

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Relations dégradées entre les deux Corées

La fermeture des frontières, à commencer par celle avec la Chine par laquelle transite plus de 90 % du commerce extérieur nord-coréen, constitue, certes, une protection. Mais dont on peut douter de l’efficacité en raison de sa porosité : de nombreux trafics transitent à travers les deux fleuves qui la délimitent. Depuis quelques semaines, les échanges de marchandises, certes toujours contrôlés, semblaient avoir repris à leur rythme habituel entre Dandong (en Chine) et Sinuiju (en RPDC).

Le porteur du virus étant un renégat revenu du Sud, la situation à la frontière avec la Chine n’est pas en cause. La reconnaissance d’un premier cas en provenance du Sud permet de rejeter indirectement la responsabilité de la contamination sur Séoul, alors que les relations entre les deux Corées n’ont cessé de se dégrader ces derniers mois.

Pyongyang reproche à Séoul de ne pas avoir convaincu l’administration Trump de réduire les sanctions à son encontre et de ne pas s’être soustrait aux pressions de Washington pour développer la coopération intercoréenne, deux ans après avoir entamé une politique de rapprochement qui a fait long feu. La Corée du Nord a dynamité, le 16 juin, le bureau de liaison proche de la démarcation, après avoir déjà fermé les canaux de communication avec le Sud.

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