Les Emirats, nouveaux participants à la course vers Mars

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Décollage de la fusée japonaise, avec la sonde émiratie « Al-Amal » à destination de Mars à son bord, depuis Tanegashima (Japon), le 20 juillet.

Après avoir envoyé l’un de leur ressortissant en orbite pour la première fois de leur courte histoire en 2019, les Emirats arabes unis (EAU) ont lancé, lundi 20 juillet, une mission d’exploration de Mars, confirmant leur statut de puissance spatiale arabe numéro un et de prétendant à la conquête de la Planète rouge.

Une sonde de confection émiratie, baptisé « Al-Amal » (Espoir), de la taille d’une jeep 4X4, s’est envolée vers Mars, à bord d’une fusée japonaise, qui a décollé du pas de tir de Tanegashima dans le sud-ouest de l’archipel. Cet engin non habité, qui a été assemblé avec l’aide de scientifiques américains, est censé approcher de son objet d’étude en février 2021, l’année du cinquantième anniversaire de la création des EAU, fédération de sept cités-Etats, sur la rive arabe du Golfe persique.

Cette mission interplanétaire, la première jamais menée par un Etat arabe, vise à collecter des informations sur l’atmosphère et le climat de Mars. Deux autres missions d’étude de la voisine de la Terre devraient débuter dans les prochains jours, l’une chinoise et l’autre américaine. Une troisième, japonaise, est annoncée pour 2024.

Très grandes ambitions

A l’automne 2019, le pilote de chasse émirati Hazza Al Mansouri avait séjourné une semaine dans la Station spatiale internationale, devenant le troisième astronaute de l’histoire du monde arabe, après le Saoudien Sultan Ben Salman Ben Abdelaziz en 1985 et le Syrien Mohamed Farès en 1987.

Si le royaume d’Arabie et le régime de Damas se sont arrêtés là en matière de conquête spatiale, les EAU, forts de leurs capacités financières quasi-illimitées, nourrissent de très grandes ambitions dans ce domaine. Le lancement réussi d’« Al-Amal » est la première étape d’un projet de très longue haleine, digne d’un scénario de science-fiction : la création d’ici un siècle d’une colonie humaine sur Mars.

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Dans cette optique, les Emirats prévoient de créer une cité scientifique, dans le désert environnant la principauté de Dubaï, où les conditions de vie sur la Planète rouge seraient simulées de façon aussi réaliste que possible, à des fins d’entraînement.

Capitale politique des EAU, Abou Dhabi a concédé à son voisin dubaïote la conduite du programme spatial émirati. La sonde Al-Amal a été imaginée dans cet émirat, au sein du Mohammed Ben Rachid Space Center, un centre baptisé en l’honneur du cheikh local, Mohammed Ben Rachid Al-Maktoum.

Ce dernier, ainsi que Mohammed Ben Zayed Al-Nahyan, prince héritier d’Abou Dhabi et régent de fait des Emirats, ont applaudi avec enthousiasme le début de l’aventure martienne. Cet événement, qui gonfle de fierté tout le pays, est présenté par les autorités comme une façon de renouer avec l’âge d’or de l’islam. Entre le VIIIe et XIIe siècle, les savants arabes, calculateurs du diamètre de la terre, avaient été les pionniers de la recherche astronomique.

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