[Politique] Saint-Denis : On ne prend plus les mêmes, mais on recommence

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E n préambule, la nouvelle maire Ericka Bareigts a demandé une minute de silence en hommage à Tiloun, cet enfant de La Source parti rejoindre les autres grands zarboutans de La Réunion il y a quelques jours. Puis, est venue la traditionnelle composition des commissions et la nomination des délégués au sein des organismes extérieurs. Une fois les membres désignés, une trentaine de dossiers ont alors pu être examinés et votés. Parmi eux, l’exonération de la restauration scolaire pour la période du 18 mai au 18 juin, qui vise à ne pas pénaliser les familles qui se sont retrouvées contraintes de garder leurs enfants à la maison pendant le confinement. Cette mesure concerne tous les enfants inscrits dans les écoles maternelles, élémentaires et primaires du public et son coût est estimé à 159 000 euros.

Autre bonne nouvelle pour les Dionysiens : aucune augmentation n’est prévue cette année concernant les impôts locaux. Les taux appliqués resteront les mêmes qu’en 2019, soit : 23,79 % pour la taxe foncière sur les propriétés bâties et 13,03 % pour la taxe foncière sur les propriétés non bâties.

PROTECTION RAPPROCHÉE

Durant cette séance, on a également voté la poursuite de la sensibilisation de l’anglais dans les écoles, l’attribution de 2 millions d’euros pour l’achat de livres, de CD et de DVD à la médiathèque et dans les bibliothèques, la création d’un pôle d’accompagnement socioprofessionnel de la “jeunesse invisible”… ou encore, plus étonnant, la protection fonctionnelle de Nourjhan Mamode, ancienne conseillère municipale dans la majorité de Gilbert Annette. Elle a elle-même formulé cette demande, suite à un article paru sur le site Internet de Zinfos974 qui la lie à un trafc de faux papiers. Comme la loi le permet, l’élue peut en effet bénéficier de la protection de la collectivité contre les éventuelles “violences, menaces ou outrages” qui pourraient avoir lieu à son encontre. Cette troisième séance s’est finalement déroulée sans grandes annonces ni rebondissements. Des multiples interventions des élus de l’opposition, on retiendra surtout la joute verbale qui a opposé Vincent Bègue à l’ancien maire Gilbert Annette sur la question du budget consacré à la ville en 2019.

Alors que la majorité se félicite de la maîtrise des comptes, le conseiller municipal pointe du doigt une économie insensée “qui prive les Dionysiens d’une modernisation de leur commune.” “Je comprends maintenant l’état abandonné et délabré de la ville : vous la laissez dépérir !”, a-t-il lancé. Ce à quoi, Gilbert Annette a répliqué qu’il y avait peu de choses à attendre d’un “donneur de leçons qui n’avait pas tiré les leçons du dernier scrutin.”

NATHALIE TECHER

 



Le budget primitif 2020

L’un des points essentiels de cette séance portait sur le budget primitif de 2020, dont le montant s’élève à 286 millions d’euros : 70 millions sont consacrés à l’investissement et 216 millions au fonctionnement. Les principales opérations d’investissement sont :

– voirie, déplacement, réseaux (4,9 millions d’euros) ;

– projets territoires et de quartiers (4,8 millions d’euros) ;

– éclairage public, conformité électrique… (4,3 millions d’euros) ;

– travaux de réhabilitation de bâtiments scolaires et crèches (3,6 millions d’euros) ;

– divers aménagements urbanisme (3,2 millions d’euros) ;

– entrée ouest / travaux au Barachois (2 millions d’euros) ;

– travaux du stade Jean-Ivoula (1,7 millions d’euros) ;

– travaux de réhabilitation des sites sportifs (1,6 millions d’euros) ;

– PRU Camélias (1,5 millions d’euros)

 



Entre “amateurisme et arrogance”

Pour Didier Robert et le groupe Saint-Denis 2026, la nouvelle maire a présenté un budget 2020 “totalement inadapté” qui ne répond pas aux attentes des Dionysiens. “Sans surprise, elle n’a fait que reconduire les budgets précédents sans s’adapter au contexte COVID, déplore-t-il dans un communiqué. Ce budget est irresponsable. C’est un budget de continuité. Un budget d’héritière. Notre groupe regrette fortement que ce budget 2020 voté en juillet ne soit pas plus ambitieux pour notre ville et qu’il ne pose pas les actes significatifs pour accompagner les Dionysiens dans leur quotidien.”

Tout en rappelant à quel point cette période est difficile pour les familles et les entreprises, il assure que les conséquences de la crise se font déjà ressentir. “Il faut aujourd’hui tout mettre œuvre pour accompagner les familles les plus modestes, pour accompagner et pour sauver les emplois, poursuit-il. À l’évidence ce 1er conseil municipal est un 1er acte manqué entre arrogance, amateurisme et irresponsabilité au regard de la situation.”

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