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Pour le jour de son anniversaire, Angela Merkel avait peut-être imaginé un agenda moins chargé. Vendredi 17 juillet, c’est à Bruxelles que la chancelière allemande fêtera ses 66 ans, à l’occasion d’un sommet européen qui, pour elle notamment, revêt une importance toute particulière. D’abord, parce que c’est son pays qui, depuis le 1er juillet et jusqu’au 31 décembre, occupe la présidence tournante du conseil de l’Union européenne (UE). Ensuite parce que c’est elle qui, avec le président français Emmanuel Macron, a inspiré le plan de relance de 750 milliards d’euros que la Commission européenne souhaite faire adopter, lors de ce sommet, par les vingt-sept membres de l’UE.
Les débats s’annonçent houleux, mais la chancelière a choisi son camp, après une conversion aussi fulgurante que profonde, quand on garde en tête sa prudente attitude lors du naufrage de la Grèce voici dix ans. A l’époque, il n’était pas question pour elle d’aider Athènes sans être sûr de réformer en profondeur un pays considéré comme « pêcheur » sur le plan budgétaire. Des tergiversations qui avaient précipité la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro.
Il y a encore quatre mois, personne n’aurait d’ailleurs imaginé Mme Merkel promouvoir un tel plan de relance, financé par l’émission d’une dette commune et faisant une part plus large aux subventions (500 milliards d’euros) qu’aux prêts (250 milliards d’euros). Au conseil européen du 26 mars, c’est un non catégorique que la chancelière allemande avait opposé aux neuf pays, dont la France, l’Espagne, la Grèce et l’Italie, qui, la veille, avaient signé une lettre appelant à « un instrument de dette commun émis par une institution européenne pour lever des fonds sur le marché (…) au profit de tous les Etats membres [afin de] faire face aux dommages causés par le coronavirus ».
« Fin mars, Merkel était encore sur une position très ferme, à peu près la même que celle des “frugaux” [Pays-Bas, Suède, Autriche, Danemark] qu’elle essaie désormais de faire bouger. Dans la lettre, nous avions pourtant veillé à ne pas utiliser des termes susceptibles de braquer les Allemands, comme coronabonds ou plan Marshall. Tout avait été délibérément rédigé dans une langue technique pour éviter de donner au débat un tour trop politique, pour ne pas dire idéologique », raconte un négociateur français. A Paris, on se souvient encore des propos « très durs » tenus à l’époque par le ministre allemand de l’économie, Peter Altmaier. « Le débat sur les eurobonds est un débat fantôme », avait déclaré ce fidèle parmi les fidèles de Mme Merkel, le 24 mars, au quotidien Handelsblatt.
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