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Le ministre israélien de la santé, Yuli Edelstein, a fini par l’admettre, mercredi 15 juillet : « A moins d’un miracle, nous nous acheminons vers un reconfinement. »
Jusqu’alors, le pléthorique gouvernement israélien bricolait face à la remontée des contaminations : plus de mille nouveaux cas sont détectés quotidiennement depuis deux semaines, tandis que le pays enregistre 375 morts et 43 668 contaminations. Début juillet, les piscines et les clubs de gym ont été fermés ; une semaine après, la Knesset a ordonné leur réouverture. Même chose pour les transports en commun : un temps supprimés après 22 heures, ils ont été rétablis quelques jours plus tard. Les bars ont été contraints de baisser le rideau, mais les restaurants restent ouverts.
Les Israéliens, eux, s’impatientent. Selon un sondage publié par le Israel Democracy Institute (IDI), mardi 14 juillet, 75 % d’entre eux sont déçus, en colère ou frustrés par la manière dont le gouvernement gère la crise. Tout avait pourtant bien commencé pour le premier ministre, Benyamin Nétanyahou. En fermant les frontières dès la mi-mars, avec un confinement progressif, le pays a limité le nombre des contaminations et des décès.
Le chef du gouvernement a même tiré profit politiquement de la pandémie. L’ouverture de son procès pour corruption a été repoussée. L’urgence sanitaire lui a permis de précipiter un accord, en mai, pour former un gouvernement d’union nationale avec son rival, Benny Gantz, clôturant ainsi un an et demi d’impasse politique. Il était alors en position de force pour mettre en œuvre l’une de ses grandes promesses de campagne, l’annexion d’une partie de la Cisjordanie occupée, dès cet été.
« Des responsables sans autorité »
La machine s’est enrayée lors du déconfinement, enclenché à la mi-mai. Très vite, les Israéliens ont repris le travail, la plage, les restaurants et… l’école, l’un des foyers de transmission du virus. M. Nétanyahou l’a lui-même avoué, le 9 juillet : les restrictions ont été levées « trop rapidement ». « Nous avons écouté la détresse des gens », a-t-il justifié.
La gestion de l’épidémie a révélé les failles de la gouvernance à l’israélienne : très réactif en début de crise, l’Etat peine à maintenir le cap sur la longueur, empêtré dans les lourdeurs de sa bureaucratie.
Des divisions commencent aussi
à se faire jour au sein de la coalition gouvernementale
« De professionnels qui répondent proactivement aux événements, nous sommes devenus des responsables sans autorité, qui tardent à apporter des réponses », a commenté l’une des chefs d’orchestre de la lutte contre le Covid-19 au ministère de la santé, Siegal Sadetzki, au moment de jeter l’éponge, la semaine dernière. Sa démission illustre la guerre que se livrent en coulisse technocrates et politiques au sein des ministères. Des divisions commencent aussi à se faire jour au sein de la coalition gouvernementale.
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