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C’est une nouvelle étape dans le recul du droit à l’avortement en Europe centrale. Mardi 14 juillet, le Parlement slovaque a adopté en première lecture une proposition de loi prévoyant de rendre plus difficile l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Celle-ci prévoit notamment de faire passer le délai de réflexion obligatoire de 48 à 96 heures et de demander deux certificats médicaux provenant de deux médecins différents, au lieu d’un seul, pour avoir accès à un avortement thérapeutique en cas de problème de santé du fœtus.
Dans ce pays très catholique de 5,5 millions d’habitants, de multiples tentatives de restriction de ce droit ont été entreprises ces dernières années, sans succès jusqu’à celle-ci. « C’est la onzième proposition de loi en deux ans sur le sujet. A chaque fois, ils n’essayent pas d’interdire l’avortement complètement, mais de le restreindre morceau par morceau », dénonce Alena, une des militantes de l’initiative « Nous ne resterons pas silencieuses », qui regroupe des féministes anonymes. Elle a organisé des manifestations réunissant plusieurs centaines de personnes dans les rues des grandes villes slovaques contre ces propositions de loi.
La députée à l’origine de la proposition de loi, Anna Zaborska, défend que son objectif « est de donner le libre choix aux femmes enceintes pour qu’elles se décident sans pression de temps ». Mais pour Alena, « elle veut en réalité pousser les femmes à faire des enfants ». « Cela sera compliqué de se procurer deux certificats pour les femmes habitant dans des endroits isolés. Prolonger le délai de réflexion est inutile, les femmes sont largement capables de prendre une décision. »
Nouveau vote à l’automne
Catholique fervente, Mme Zaborska est une élue du parti anticorruption du premier ministre, Igor Matovic. Elle dirige une sorte de « caucus chrétien » constitué de cinq députés au sein du groupe majoritaire, qui sont parfois moqués comme les « catholibans » (mot formé à partir de « catholique » et « taliban ») dans le pays. La députée convient d’ailleurs que son « rêve » est que l’avortement soit un jour considéré « mauvais » en Slovaquie, « comme pour les violences faites aux enfants ».
M. Matovic avait donné la liberté de vote aux élus de sa coalition sur un sujet qui divise profondément la Slovaquie. Le texte de Mme Zaborska est une forme de compromis entre les souhaits du caucus chrétien et le reste de la majorité. Mais il a aussi été soutenu par les élus du parti du néonazi Marian Kotleba, qui avaient déposé de leur côté deux propositions visant à réduire le délai légal de douze à huit semaines et à restreindre les avortements aux seules grossesses dangereuses pour la mère ou l’enfant, sur le modèle de la Pologne.
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