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A sanctions américaines, contre-sanctions chinoises… Il n’a fallu que quelques heures à Pékin pour réagir fortement à l’annonce du président américain Donald Trump, faite mardi soir à Washington, selon laquelle il venait de signer la « loi sur l’autonomie de Hongkong » et un décret mettant fin au traitement économique préférentiel de Hongkong, qui bénéficiait de nombreux privilèges en matière douanière par rapport à la Chine.
La loi, votée début juillet par le Congrès, vise les responsables chinois, la police de Hongkong, ainsi que des banques, qu’elle peut soumettre à des sanctions s’ils sont identifiés comme contribuant à éroder l’autonomie du territoire. Toute exportation de technologies sensibles américaines vers le territoire sera également interdite. Ces deux initiatives répondent à la nouvelle loi de sécurité nationale imposée unilatéralement par Pékin à Hongkong le 1er juillet. Washington l’a qualifiée d’« oppressive ».
La Chine a rétorqué qu’elle s’opposait fermement à ces dernières mesures et qu’elle imposerait à son tour, en représailles, des sanctions contre des entités et des individus américains. Par le biais de la télévision publique chinoise, le ministère des affaires étrangères chinois a estimé que le texte de loi américain « diffamait insidieusement la nouvelle loi de sécurité nationale », et a rappelé qu’aucun pays étranger n’avait le droit de s’immiscer dans les affaires de Hongkong qui étaient purement du ressort des affaires intérieures chinoises.
« Un agent des forces étrangères »
Ce nouvel épisode de tensions intervient trois jours après la tenue des primaires du camp pro-démocratie de Hongkong (opposition), qui ont eu lieu au cours du week-end, sans l’aval du gouvernement, mais sans non plus son interdiction explicite. Le but de l’exercice était d’optimiser les chances de l’opposition d’obtenir la majorité des sièges aux prochaines élections législatives prévues en septembre, en identifiant, en amont, les candidats les plus populaires afin de limiter le nombre de listes qui, par le passé, ont dispersé et gaspillé les votes de l’opposition.
Si la population hongkongaise a voté en majorité pour le camp pro-démocratie lors des élections de district de novembre 2019, le mode de scrutin aux élections législatives favorise le camp pro-Pékin ; notamment parce que 30 des 70 sièges du parlement sont attribués à des représentants de secteurs professionnels, dont une grande partie est sous le contrôle de l’establishment. « Au cours de ces derniers mois, j’ai réussi à convaincre la plupart des groupes qui forment le camp de l’opposition, y compris les localistes [partis radicaux qui prônent la priorité aux Hongkongais et s’opposent à la continentalisation de Hongkong] et les partis démocratiques plus traditionnels, de participer à ces primaires », explique au Monde Benny Tai, professeur de droit à l’université de Hongkong et principal concepteur de l’opération. « Par le passé, et à cause d’un manque de coordination, nous n’avions jamais réussi à optimiser le nombre de sièges que nous étions en mesure de gagner. Mais cette fois, l’échelle de l’opération et le fort taux de participation vont nous permettre de rationaliser le processus », poursuit-il.
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