La Corée du Sud divisée sur l’hommage rendu au maire de Séoul, accusé d’agression sexuelle

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Lors des funérailles du maire de Séoul, Park Won-soon, le 13 juillet.

La Corée du Sud reste divisée sur l’opportunité d’organiser des funérailles officielles pour le défunt maire de Séoul, Park Won-soon, accusé d’agression sexuelle par une ancienne secrétaire.

Lundi 13 juillet, Kim Jae-ryon, l’avocate de la victime présumée, a organisé une conférence de presse avec des militantes des droits des femmes. Elle a lu un communiqué de la plaignante, qui avait déposé plainte contre M. Park le 8 juillet. Le lendemain, le maire de 64 ans mettait fin à ses jours.

« Je me sentais sans défense et faible devant l’immense pouvoir qu’il représentait », explique la victime qui voulait lui « crier combien il m’a fait mal » tout en souhaitant « lui pardonner » : « Je voulais qu’il soit jugé par un tribunal et qu’il s’excuse auprès de moi en tant qu’être humain. »

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Me Kim est également revenue sur les déclarations de sa cliente à la police. La plaignante accuse M. Park de s’être rendu coupable d’attouchements et de l’avoir invitée à discuter sur la messagerie Telegram. « Il lui a continuellement envoyé des photos de lui en sous-vêtements », a expliqué l’avocate.

« Pas ce genre de personne »

Le gouvernement métropolitain de Séoul aurait été informé des souffrances de la victime, qui en avait parlé à ses collègues et sollicité une aide. L’administration aurait rejeté les allégations, affirmant que le maire n’était « pas ce genre de personne ». La secrétaire a demandé à être transférée dans un autre service. Sa demande aurait été refusée, précise Me Kim.

Egalement présente à la conférence de presse, Go Mi-kyeong, dirigeante de l’ONG Korea Women’s Hotline qui défend les droits des femmes et qui a été sollicitée par la secrétaire de M. Park, a appelé à l’ouverture d’une enquête par la mairie de Séoul pour comprendre pourquoi la victime n’a pas été entendue.

Conformément à la loi, le décès met fin aux poursuites, mais Mme Go souhaite que la police rende publiques les résultats de son investigation. « La première étape vers la restauration des droits humains de la victime est de dévoiler toute la vérité », a-t-elle expliqué.

La conférence de presse était organisée quelques heures après les funérailles de Park Won-soon. Des centaines de sympathisants ont bravé la pluie au petit matin du 13 juillet, pour se retrouver devant l’hôtel de ville et rendre un hommage à un maire élu pour la première fois en 2011 et réélu à deux reprises. Ancien avocat des militants de la démocratie, M. Park avait défendu, dans les années 1990, la première victime reconnue de harcèlement sexuel par la justice sud-coréenne. Il s’est battu contre les inégalités et pour les droits des femmes, des engagements qui lui ont valu le surnom de « designer social ».

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