la présidente par intérim Jeanine Añez testée à son tour positive au Covid-19

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La présidente par intérim bolivienne, Jeanine Añez, lors d’une cérémonie au palais présidentiel à La Paz, le 13 mars 2020.

Dans un tout autre style que son homologue brésilien, Jair Bolsonaro – qui avait pavané devant la presse après avoir été testé positif au Covid –, la présidente par intérim bolivienne Jeanine Añez a posté un message laconique sur les réseaux sociaux jeudi 9 juillet, déclarant être à son tour contaminée. « Je suis positive au Covid-19, je vais bien », avant d’ajouter qu’elle entrait immédiatement en quatorzaine et travaillerait virtuellement aux affaires de son pays.

Quelques jours auparavant, plusieurs membres de son cabinet avaient été diagnostiqués positifs au coronavirus, poussant la dirigeante de droite de 53 ans à se soumettre elle aussi à un test. Tel est le cas de son ministre de la présidence, d’abord, des mines ensuite, puis finalement de la ministre de la santé, Eidy Roca, remplacée dans l’urgence par le ministre de la défense, qui assurera les deux portefeuilles le temps de sa convalescence. Dimanche 12 juillet, c’est au ministre de l’économie, fraîchement nommé quelques jours plus tôt (7 juillet), de se déclarer malade.

Une véritable hécatombe au sein du gouvernement, qui instille encore un peu plus d’incertitude chez les Boliviens, secoués à la fois par la crise sanitaire et une crise politique, depuis le départ forcé d’Evo Morales après les élections contestées d’octobre 2019.

Jusqu’à présent, l’épidémie a fait officiellement 1 807 morts et 48 187 malades. Un chiffre important comparativement à la taille de la population de 11 millions d’habitants, mais loin derrière les niveaux dramatiques de ses voisins brésilien, chilien et péruvien.

« Manipulation politique »

Selon le chef épidémiologiste du ministère de la santé, Virgilio Prieto, la situation risque néanmoins de devenir plus critique dans les prochaines semaines. Les cas sont actuellement en hausse : « Ils doublent tous les trois ou quatre jours selon les villes », affirme-t-il, et la Bolivie pourrait entrer dans une phase de « pandémie explosive », où le système de santé et les contaminations seraient « hors de contrôle ».

Le gouvernement bolivien avait pourtant pris des mesures très tôt, dès le 17 mars, fermant les frontières et plaçant la population en confinement. Des mesures prolongées pour un mois par décret, le 27 juin. Toutefois, comme au Pérou voisin, le gouvernement a décidé de donner davantage de flexibilité pour réactiver l’économie et apporter un peu d’air aux familles, étranglées par la chute de l’activité. Dans les faits, la population active, composée en grande majorité de travailleurs informels (70 %), avait recommencé à sortir et les cas sont partis à la hausse, notamment dans la région de Santa Cruz, première ville du pays et cœur économique avec 2 millions d’habitants, qui concentre la grande majorité des malades.

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