La Chine est confrontée à des crues exceptionnelles

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Le Yangzi Jiang en crue, à Wuhan (Hubei) en Chine, le 8 juillet.

Les inondations qui ont commencé à ravager le sud de la Chine fin mai ne cessent de s’étendre et de prendre une dimension inquiétante. Plus de 900 kilomètres séparent Wuhan (Hubei), au nord, de Yangshuo (Guangxi), au sud, et la mégapole de Chongqing, à l’ouest, se trouve à plus de 1 600 kilomètres de Hangzhou (Zhejiang), à l’est. Pourtant, partout ce sont les mêmes images qui circulent sur les réseaux sociaux : celles de zones inondées, de ponts ensevelis, de maisons partiellement ou totalement détruites et de barrages soumis à une telle pression qu’ils doivent être partiellement ouverts pour libérer des eaux qui s’en échappent avec une violence inouïe.

Toute la moitié sud de la Chine est touchée. Partout, les mêmes témoignages d’habitants expliquent que, certes les fortes pluies en cette saison de mousson sont fréquentes, mais qu’ils n’ont « jamais vu » de telles inondations. Depuis le 2 juin, le service national de météorologie a émis 32 alertes quotidiennes, un niveau jamais atteint en dix ans. Plus de 70 fleuves et rivières sont en crue. A une exception près, les précipitations dans le bassin du Yangzi sont les plus fortes depuis 1961. Le gouvernement, durant plusieurs semaines, a minimisé l’impact de cette catastrophe, préférant insister sur sa gestion de l’épidémie de Covid-19 à Pékin. La presse officielle a assuré une couverture minimale des crues et les informations sur les réseaux sociaux ont été censurées. Mais le silence n’est plus de mise. Mercredi 8 juillet, le premier ministre, Li Keqiang, a sonné la mobilisation générale.

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C’est que, les unes après les autres, les villes qui sont sur le Yangzi Jiang, le fleuve Bleu, le plus long du pays, élèvent leur niveau d’alerte. Comme dans le centre de la Chine, à Wuhan, déjà traumatisée par soixante-seize jours de confinement dû au coronavirus. Les ferries y sont à l’arrêt, les trains et les avions annulés ou retardés et pas moins de 12 000 personnes sont mobilisées pour protéger la métropole de 11 millions d’habitants contre les caprices du fleuve. Située entre deux lacs, Wuhan est prise en sandwich par les eaux. Au niveau national, le bilan humain est lourd : plus de 140 personnes mortes ou disparues. Plus de 20 millions de personnes sont directement affectées et les autorités évaluaient, vendredi 10 juillet, les pertes à 60 milliards de yuans (environ 7,6 milliards d’euros). Mais ces bilans sont provisoires, ne serait-ce que parce que de fortes pluies sont encore attendues.

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