Montée des tensions entre Londres et Pékin

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Le premier ministre britannique Boris Johnson à la Chambre des communes à Londres, le 1er juillet.

Les tensions ne cessent de monter entre Londres et Pékin. Le gouvernement Johnson avait prévenu en juin : si la Chine mettait en application son projet de loi de sécurité nationale à Hongkong, il répliquerait avec une mesure inédite, un « chemin d’accès à la nationalité britannique » pour près de trois millions de Hongkongais.

Londres a tenu sa promesse, début juillet, en proposant aux détenteurs hongkongais d’un « passeport britannique d’outre-mer » (British National Overseas, BNO) de pouvoir, à l’avenir, vivre, travailler ou étudier au Royaume-Uni durant cinq années − contre six mois jusqu’à présent − à l’issue desquelles ils obtiendront un statut de résident et pourront, douze mois plus tard, demander la pleine citoyenneté.

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Pékin a répliqué illico, le porte-parole du ministère des affaires étrangères assurant que « la Chine se réserve le droit de prendre des contre-mesures contre le Royaume-Uni ». Très mobilisé sur les réseaux sociaux, Liu Xiaoming, l’ambassadeur chinois à Londres, a pour sa part dénoncé une « interférence dans les affaires intérieures chinoises » : « Le gouvernement britannique ne cesse de faire des remarques irresponsables sur les affaires de Hongkong (…). Les Britanniques savent pourtant très bien que Hongkong n’est plus soumise à ses règles coloniales et qu’elle est retournée à la Chine », a-t-il asséné sur un ton très peu diplomatique.

La révision désormais plus que probable de la position britannique concernant Huawei n’a fait qu’envenimer les choses. En janvier, Boris Johnson avait proposé que le géant chinois des équipements de télécommunications bénéficie d’un accès restreint aux réseaux mobiles de nouvelle génération (5G) du pays. Une décision très controversée : à la fois par Washington, qui n’avait pourtant pas ménagé ses pressions pour convaincre − en vain − Downing Street. Et par quelques dizaines de « faucons antichinois » sur les bancs conservateurs à la Chambre des communes.

« Etat hostile »

Ces derniers jours, après une deuxième expertise, les officiels du National Cyber Security Centre (NCSC, un département des services de renseignements britanniques) ont conclu, selon le Sunday Times, que les nouvelles sanctions américaines à l’encontre de Huawei auraient un impact « sévère ». Le groupe chinois ne pourra plus utiliser de composants électroniques conçus aux Etats-Unis, ce qui le contraindra à en utiliser d’autres, moins fiables, ont jugé les experts, qui proposent désormais d’interdire complètement la présence de machines Huawei dans les réseaux 5G britanniques, et d’accélérer le remplacement de celles déjà installées.

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