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Couvre-feu en Floride, manifestations contre le racisme : les Etats-Unis célébraient, samedi, leur fête nationale dans un climat tendu et une atmosphère singulière.
Traditionnellement, les célébrations se déroulent dans une ambiance bon enfant, avec des parades, fanfares, barbecues et grands feux d’artifice. Mais en pleine pandémie de Covid-19, qui progresse de façon galopante dans le pays, le 4 juillet – une date qui marque « Jour de l’Indépendance » américaine, lorsqu’en 1776 treize colonies britanniques proclamèrent leur séparation de la couronne britannique et fondèrent les Etats-Unis d’Amérique – ont été revues à la baisse.
Records de cas en Floride
Les Etats-Unis ont enregistré le même jour 43 742 nouvelles contaminations et 252 nouveaux décès, selon l’Université Johns Hopkins. Les trois jours précédents avaient été marqués par des records de nouveaux cas, dont plus de 57 000 vendredi. Le coronavirus a infecté au total plus de 2,8 millions de personnes et provoqué 129 657 décès aux Etats-Unis, de loin le pays le plus endeuillé de la planète. Les autorités sanitaires américaines ont reconnu fin juin avoir perdu le contrôle de l’épidémie.
L’Etat de Floride a annoncé un nouveau record de cas de Covid-19 à 11 458 sur les dernières 24 heures. Devant l’ampleur de la crise sanitaire, le maire du comté de Miami-Wade, le plus peuplé du pays avec près de 2,7 millions d’habitants, a décrété vendredi un couvre-feu à partir de 22 heures locales. Il « est destiné à empêcher les gens de s’aventurer et de traîner avec des amis dans des groupes, ce qui s’est révélé être un facteur de propagation rapide du virus », a expliqué Carlos Gimenez.
A Atlanta, Nashville, les concerts ou feux d’artifice ont été annulés. Dans la ville texane de Houston, foyer de l’épidémie dans le grand Etat du Sud, le 4 juillet est fêté en ligne.
Trump dénonce la Chine, « la gauche radicale », les médias
Pourtant, le président américain Donald Trump a une nouvelle fois minimisé, lors d’une cérémonie samedi dans les jardins de la Maison Blanche, cette progression galopante. « Nous avons fait beaucoup de progrès. Notre stratégie fonctionne bien », a-t-il lancé, martelant par ailleurs sa conviction qu’un traitement et/ou un vaccin seraient probablement disponibles « bien avant la fin de l’année ». Le locataire de la Maison Blanche s’en est aussi pris avec virulence à la Chine, d’où est parti le nouveau coronavirus, réaffirmant qu’elle devrait « rendre des comptes ».
« Nous sommes en train de vaincre la gauche radicale, les marxistes, les anarchistes, les agitateurs et les pilleurs », a par ailleurs lancé Donald Trump, qui brigue un second mandat. Il avait déjà dénoncé vendredi soir dans un discours très sombre « le désordre violent » dans les rues, et des « années d’endoctrinement extrême dans l’éducation, le journalisme et d’autres institutions culturelles. » En plein débat sur les statues mises à terre par des manifestants antiracistes, il a dénoncé, depuis l’imposant monument du Mont Rushmore, « une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants ».
« Notre pays a été fondé sur une idée, celle que nous naissons tous égaux. Nous n’avons jamais été à la hauteur de cette idée », a pour sa part déclaré samedi Joe Biden, candidat à la présidentielle de novembre. L’ancien vice-président de Barack Obama a appelé à s’unir pour surmonter « plus de 200 ans de racisme systémique ».
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