Infiltrée par l’extrême droite, une unité d’élite de l’armée allemande est partiellement dissoute

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Des membres du commando des forces spéciales (KSK), le 14 juillet 2014 à Calw (Bade-Wurtemberg).

C’est une décision sans précédent en Allemagne. Pour la première fois depuis la création de la Bundeswehr, en 1955, une de ses unités va être partiellement dissoute, après que plusieurs de ses membres ont été identifiés comme proches de l’extrême droite. Pour l’image de l’armée allemande, l’affaire est d’autant plus embarrassante qu’elle concerne une de ses unités d’élite, le commando des forces spéciales (KSK), basé à Calw, en Forêt-Noire (Bade-Wurtemberg).

« Les KSK ne peuvent pas continuer à exister sous leur forme actuelle », a déclaré la ministre de la défense, Annegret Kramp-Karrenbauer (« AKK »), mercredi 1er juillet, lors d’une conférence de presse, à Berlin, avant d’annoncer une série de mesures. Parmi elles, la plus spectaculaire est sans conteste la dissolution de la deuxième des quatre compagnies des KSK, celle par qui le scandale est arrivé, en 2017, quand plusieurs journaux allemands ont révélé que des saluts hitlériens avaient été exécutés et des têtes de cochon exhibées sur fond de rock identitaire lors d’une fête organisée pour le départ d’un de ses officiers.

Dénonçant une unité minée par « un commandement toxique, des tendances extrémistes et une utilisation peu scrupuleuse du matériel et des munitions », Mme Kramp-Karrenbauer a également annoncé que les KSK cesseraient provisoirement de participer à tout exercice et à toute mission à l’étranger, que le cursus de formation de ses membres serait remanié en profondeur, et que les soldats de cette unité d’élite – 1 400 personnes au total – ne pourraient désormais plus faire toute leur carrière en son sein.

« Mur de silence »

Ces annonces ont été faites au lendemain de la remise d’un rapport d’enquête piloté par le chef d’état-major de la Bundeswehr, Eberhard Zorn. Présenté, mardi, devant la commission de la défense du Bundestag, ce document de 55 pages explique que la présence d’éléments d’extrême droite au sein des KSK n’est ni un phénomène récent ni un problème conjoncturel. « Il semble qu’une culture et qu’un terreau favorable au développement de tendances extrémistes se soient développés [au sein de l’unité]. Pour que cela cesse, des structures ancrées en profondeur doivent être brisées », écrivent les auteurs de ce rapport, qui dénoncent l’existence d’« un mur du silence » ayant favorisé une culture de l’impunité parmi les membres du KSK

A côté de la présence de soldats ouvertement d’extrême droite, l’enquête a révélé la disparition de 37 000 munitions et de 62 kilos d’explosifs au sein de cette unité d’élite. A la suite de cette découverte inquiétante, la ministre de la défense a annoncé qu’un inventaire général des stocks allait être effectué dans les prochaines semaines.

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