[Société] Commerçants, attention aux faux billets !

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De faux billets, habituellement utilisés pour le cinéma, circulent actuellement dans l’île, en particulier au Tampon, où de nombreux commerçants et consommateurs se sont fait avoir ces derniers jours. Prudence, donc !

Conçus pour le cinéma, les billets “movie money” ressemblent (presque) à de vrais billets de banque, sauf qu’ils ne valent rien. Vendus par liasse pour quelques euros à peine sur les sites de vente en ligne, on en trouve essentiellement sous la forme de 10, 20 ou 50 euros. Quand on les compare à de vrais billets, la supercherie saute immédiatement aux yeux : ils n’ont pas la même texture, ne comportent aucune sécurité garantissant leur authenticité (lire ci-contre), et surtout ils portent les inscriptions “Movie money” et “This is not legal tender, it’s used for motion props” (ce billet n’a pas cours légal, son utilisation est réservée au cinéma). Mais présentés à des commerçants trop pressés pour vérifier l’authenticité des billets ou trop confiants envers les clients, ces billets fictifs finissent par se confondre avec les vrais et sont mis en circulation sur le territoire jusqu’à ce qu’une victime s’en aperçoit. Seulement, il est impossible de se faire rembourser. Plutôt que de perdre de l’argent, certaines victimes préfèrent donc les remettre dans le circuit au lieu d’aller porter plainte.

Le phénomène n’est pas nouveau, mais tend à s’amplifier ces dernières années. En 2019, un groupe de jeunes sévissaient dans le chef-lieu, écoulant la “movie money” dans les brocantes et marchés. A présent, ce sont les commerçants du Tampon qui sont devenus les cibles des voyous. Depuis quelques jours, en effet, les alertes se multiplient à la radio et sur les réseaux sociaux pour mettre en garde la population. 

 

 

Des victimes aussi chez les particuliers 

 

“Les jeunes sont bien organisés, il faut bien vérifier, car les billets sont facilement reconnaissables“, prévient un habitant de la commune. “Une amie commerçante a eu deux faux billets de 10 euros“, révèle une autre Tamponnaise. “A la pharmacie de Pont d’Yves, un gamin a présenté un faux de 20 euros. L’employée a refusé car elle s’en est rendue compte. Elle disait d’ailleurs que ce n’était pas un jeune du coin“, rapporte à son tour un internaute. A la radio, une commerçante de la commune a même révélé avoir compté quatre faux billets dans sa caisse au moment de faire les comptes, en fin de journée ! 

Si les commerçants sont les premières victimes d’individus mal-intentionnés en quête d’articles ou d’argent facile, les particuliers ne sont pas épargnés non plus. Ils peuvent eux aussi se retrouver en possession d’argent fictif, soit en récupérant la monnaie avec un commerçant, soit après une transaction avec des inconnus. Comme cette femme qui s’est retrouvée avec une liasse de faux billets de 20 euros, après une annonce pour la vente d’un meuble sur Le bon Coin. L’homme qui s’était présenté à son domicile avait même pris soin de venir accompagné d’une enfant pour endormir sa méfiance. 

“Ce monsieur était très sympathique, peut-être même un peu trop, raconte-elle. Avant de repartir en voiture, il m’a donné 5 billets de 20 euros qu’il a comptés devant moi et je n’y ai vu que du feu“. 

 

Nathalie Techer

 


Comment vérifier l’authenticité d’un billet ?

 

• Les billets en euros possèdent un toucher unique. Ils sont imprimés sur du papier à base de coton pur qui a une texture ferme (ni molle, ni cireuse) et qui produit une sonorité craquante.

• Des procédés d’impression spéciaux sont utilisés pour mettre en relief chacun des éléments imprimés (motifs, lettres, chiffres). Un billet lisse est forcément un faux. 

• En examinant le billet en transparence, on doit voir apparaître trois autres sécurités au recto et au verso des billets : le filigrane, situé dans une partie non imprimée du billet, est visible uniquement par transparence, et un motif reprenant une partie de l’illustration imprimée sur le billet doit apparaître ; dans la bande sombre qui coupe le billet en deux, la valeur en chiffres du billet ainsi que le mot “Euro” sont inscrits en lettres minuscules ; si vous inclinez votre billet au recto, une image changeante apparaît sur l’hologramme. 

 

 


Que faire d’un faux billet ?

 

Si, après avoir reçu un billet, on s’aperçoit qu’il est faux, il est interdit de le remettre en circulation (article 442-7 du code pénal). Les faux billets doivent être remis à la Banque de France (article L. 162-2 du code monétaire et financier) contre un reçu. Pour les commerçants, la perte subie peut être déduite du résultat comptable, le reçu délivré par la Banque de France servant alors de justificatif fiscal.

 

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Les peines encourues

– Le transport, la mise en circulation ou la détention, dans le but de le mettre en circulation, d’argent contrefait est passible de 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende (30 ans de réclusion criminelle et 450 000 euros d’amende si c’est en bande organisée).

– Rappelons que les victimes n’ont pas le droit d’écouler à leur tour la fausse monnaie, sous peine de 7 500 euros d’amende.

 

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clicanoo

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