« Pendant la crise sanitaire, Bolsonaro poursuit sa lutte face aux contre-pouvoirs »

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Tribune. Au Brésil, la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 attire l’attention sur la gestion de son président, Jair Bolsonaro. Il est, en effet, connu pour sa minimisation de l’épidémie, son refus des mesures de confinement et de distanciation physique, son soutien à l’utilisation de la chloroquine, la multiplication de ses propos outranciers et la priorité qu’il donne à l’économie plutôt qu’à la santé.

Pourtant, dans ses pratiques politiques, il mobilise des ressorts caractéristiques d’une grande partie des leaders populistes ou « illibéraux » au pouvoir dans le monde. Ces mécanismes s’inscrivent en outre dans la continuité de logiques déjà présentes au Brésil avant la crise sanitaire qui ont conduit à la militarisation du pouvoir et à des glissements successifs vers un régime autoritaire et répressif. Contrairement à ce que suggère le terme « bolsonarisme », il importe de ne pas penser la situation brésilienne uniquement à l’aune de sa singularité.

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Les dynamiques politiques brésiliennes doivent être replacées dans une configuration historique qui a vu se multiplier, dans toutes les parties du monde, l’arrivée au pouvoir de leaders populistes ou « illibéraux ». Dès lors, il devient possible de s’interroger sur des problématiques plus larges : celles de la fragilisation des régimes démocratiques, du discrédit des corps intermédiaires et des classes politiques dites « traditionnelles », du développement de réseaux ultraconservateurs ou encore de la contestation du multilatéralisme à l’international.

Base de soutiens solide

Comme d’autres leaders populistes au pouvoir et dans le prolongement d’un discours déjà présent lors de sa campagne électorale en 2018, Jair Bolsonaro divise la société en deux segments : « nous » et « eux ». A partir de cette dichotomie, il dénonce l’ennemi « communiste », adjectif pouvant qualifier la gauche brésilienne, particulièrement le Parti des travailleurs de Lula et Dilma Rousseff, tout aussi bien que la Chine.

« Après avoir été empêché par le Tribunal suprême fédéral de placer un ami à la tête de la police fédérale, il y a installé le bras droit de ce dernier »

Il exalte, en opposition, le peuple, les forces armées et Dieu (bien que ni les militaires, ni les groupes évangéliques ne constituent des blocs monolithiques) pour mobiliser ses principaux partisans. Il réussit ainsi, jusqu’à présent, à conserver une base de soutiens solide, malgré l’augmentation de la réprobation de son gouvernement constatée par un récent sondage d’Atlas Politico (dont les résultats sont parus dans le journal El Pais Brasil le 27 mai).

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