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Ils avaient signé pour une expérience internationale, mais celle-ci a pris un tournant inattendu. Les étudiants français de Montréal – ils sont environ 14 000, soit 40 % des étudiants étrangers de la ville – appréhendent une rentrée qui les privera de tout ce qui fait le sel des études dans la métropole québécoise.
Toutes les universités et grandes écoles de Montréal ont en effet prévu que la rentrée se ferait largement à distance, afin d’anticiper une éventuelle « deuxième vague » de la pandémie. « Une décision annoncée très en amont, afin de rassurer tous nos étudiants, même ceux qui seront contraints de rester éloignés de Montréal », explique Suzanne Fortier, rectrice de la prestigieuse université McGill, où un étudiant sur trois est étranger.
Une rentrée qui laisse Salomé dubitative. Cette étudiante française, qui a déjà effectué un premier cycle au Québec, vient d’être acceptée en première année à HEC Montréal. Elle n’est pas franchement enchantée par l’idée « d’être privée de bibliothèque, de ne pas pouvoir travailler en groupe avec ses camarades et de reprendre les cours sur [l’application] Zoom ».
McGill souhaite ouvrir des « cafés virtuels », où pourraient se retrouver des étudiants
Alors, pour pallier les manques de tout ce qui rend la vie estudiantine à Montréal stimulante, facultés et grandes écoles rivalisent d’imagination. McGill souhaite ouvrir des « cafés virtuels », où pourraient se retrouver des étudiants, même à des milliers de kilomètres de distance. L’université Concordia s’allie à des acteurs culturels de la ville, comme le Musée des beaux-arts, pour proposer des visites virtuelles récurrentes.
« L’enjeu, c’est de convaincre les étudiants maintenus à distance qu’ils peuvent malgré tout vivre une expérience positive, explique son recteur, Graham Carr. Nous devons donc imaginer une expérience virtuelle totale, pas seulement fondée sur les contenus pédagogiques. »
Un concert d’« air guitar »
Mais vivre un avatar de vie étudiante montréalaise promet de ressembler à ces concerts d’« air guitar » : ces prestations où tout y est, sauf… l’essentiel. L’agrément des immenses campus où se côtoient parfois près de cent cinquante nationalités, comme à McGill ou HEC Montréal, les résidences universitaires à bon prix ou les vastes logements en colocation plus abordables qu’à Paris, le foisonnement des activités associatives au cœur même des universités, ou encore les imposants complexes sportifs qui accueillent des milliers d’étudiants pour des matchs de football américain qui se terminent en soirées barbecues… Toutes les plates-formes numériques du monde auront du mal à remplacer les liens tissés dans cette ville cosmopolite, vecteurs de la sociabilité particulière de Montréal.
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