[Société] Quarantaines obligatoires et tourisme sont-ils compatibles ?

0
129

[ad_1]

Depuis lundi, les motifs impérieux ne sont plus nécessaires pour venir à La Réunion : le dernier verrou qui empêchait le retour des touristes. En revanche, ceux-ci ne seront pas non plus exemptés de toute contrainte en arrivant sur l’île, en tout cas pas avant la levée de l’état d’urgence sanitaire, prévu au plus tard le 10 juillet. 

Les professionnels du tourisme, depuis plusieurs semaines, n’ont eu de cesse de réclamer la fin de la septaine stricte, obligatoire en arrivant à La Réunion, avant le 10 juillet. Craignant que cette mesure ne vienne refroidir les touristes qui pourraient être intéressés par la destination, dans un contexte où les voyages à l’international sont compromis pour cet été. Car, si les motifs impérieux ne sont plus indispensables pour voyager vers La Réunion depuis ce lundi 22 juin, les arrivants sont encore soumis à de multiples restrictions. Mais ne risquent-elles pas de compromettre les vacances de ceux qui arrivent dans les tout prochains jours ? 

A LIRE AUSSI -> Les acteurs exigent une levée de la quarantaine dès le 22 juin

A LIRE AUSSI -> Ce qui change et ce qui est maintenu pour les voyageurs à leur arrivée à La Réunion partir du 22 juin

D’autant que le touriste qui débarque sans avoir forcément tout suivi des différents dispositifs en vigueur peuvent finir par se perdre dans la pléthore d’informations et de détails autour des règles à respecter. Certains touristes, qui n’auraient eu vent que d’un “allègement de la quatorzaine”, ou d’une “septaine allégée” (dans le cadre du dispositif expérimenté depuis le 9 juin), pourraient donc être surpris d’apprendre que c’est en fait une septaine stricte qui leur sera imposée dès leur arrivée. Cette dernière est stricte au sens où ils n’ont pas le droit de sortir de leur lieu d’hébergement, peu importe qu’il s’agisse d’un hôtel, d’un gîte, d’une location ou du domicile de leurs proches.

 

Aucune sortie en isolement strict 

 

Voilà qui n’est pas sans poser quelques problèmes logistiques : quid de la famille qui arrive et ne connaît personne sur l’île, logée en location saisonnière, et qui doit aller faire des courses pour s’alimenter pendant son séjour ? La préfecture, interrogée à ce sujet, confirme qu’il s’agit effectivement d’un isolement strict et que ces personnes devront donc prévoir que quelqu’un puisse leur apporter à manger pendant ces 7 premiers jours. 

C’est le cas par exemple d’Elodie, qui doit arriver début juillet, avec son mari et ses trois enfants de 7, 11 et 15 ans, pour 15 jours de vacances sur l’île intense. Un voyage préparé depuis novembre dernier, très attendu, et qu’elle n’a pas souhaité reporter, au vu du presque retour à la normale annoncé. “Ailleurs, à l’étranger, on ne l’aurait pas maintenu”, confie l’habitante de la région lyonnaise. “Et on voulait vraiment partir, parce que c’était difficile de reporter, hors vacances scolaires par exemple”. 

 

En cas de test préalable à l’embarquement, la septaine quand même 

 

Mais ce qu’Elodie ignore, c’est que ce n’est pas une septaine allégée qui l’attend à son arrivée, mais bien une septaine avec un isolement strict. Si la mère de famille estime pour sa part qu’il “y a très peu de cas à La Réunion et que l’idée n’est pas d’y ramener le virus”, et qu’elle a d’ores et déjà pris rendez-vous en laboratoire médical pour faire tester toute la famille moins de 72h avant le départ, elle devra quand même se priver de randonnées, sorties en mer ou autres activités qu’elle rêve de faire sur l’île intense, du moins pendant les 7 premiers jours de son voyage. Soit la moitié de ces vacances tant désirées et que la famille organise depuis plusieurs mois. 

Et pour cause, ce n’est qu’au bout de cette première semaine (à J+7) qu’un nouveau dépistage définit la suite du voyage. S’il est positif, rebelote pour l’isolement strict. S’il est négatif, le séjour peut alors commencer à prendre des allures de vacances, sous la forme d’une “septaine allégée”. Pendant laquelle il est enfin possible de sortir, mais en portant systématiquement un masque à l’extérieur, en “appliquant strictement la distanciation physique et les gestes barrière”. En revanche, pas possible de prendre les transports en commun, de participer à des rassemblements, ou encore d’être en contact avec des personnes à risque.

 

Une levée des quarantaines obligatoires au plus tard le 10 juillet, mais… 

 

Aussi, d’autres pourraient être étonnés de devoir poursuivre leur septaine ou leur quatorzaine au-delà du 10 juillet, date à laquelle ces dispositifs devraient être levés au plus tard. Explications : si un voyageur arrive à La Réunion le 8 juillet, espérant pouvoir être libre de ses mouvements dès le 10 juillet à la levée de la septaine obligatoire, il n’en est rien ! Il devra la poursuivre jusqu’au 15 juillet, afin d’effectuer les 7 jours réglementaires. Idem s’il s’agit d’une quatorzaine (imposée à ceux qui n’ont pas fait le test préalable à l’embarquement). “Il n’est pas possible de bénéficier d’un nouveau dispositif ou de changer de dispositif au cours de votre période d’isolement”, peut-on lire sur le site de la préfecture. “Quand un voyageur arrive dans le cadre d’un des dispositifs, il doit le respecter jusqu’au bout. Même si la loi permet la levée de ces règles entre temps, il n’y a pas d’effet rétroactif”, précise la préfecture, jointe par téléphone. 

Enfin, notons aussi qu’en fonction de s’il a effectué un test préalable à l’embarquement ou non, le touriste suivra un parcours précis, et surtout plus ou moins long… Que ceux qui n’ont pas réalisé le fameux dépistage préalable à l’embarquement soient prévenus : trois à quatre heures de parcours en moyenne les attendent à l’arrivée à l’aéroport ! Le temps notamment d’effectuer le test obligatoire et de remplir tous les documents exigés auprès de l’ARS. Puis, si vous avez opté pour la quatorzaine en centre d’hébergement, c’est une navette mise à disposition une fois par jour qu’il faudra prendre pour s’y rendre. Heureusement, les choses vont beaucoup plus vite pour ceux qui se sont faits tester avant de prendre l’avion, qui peuvent emprunter un autre parcours voyageurs. A noter qu’à l’aéroport, un troisième parcours existe aussi pour les personnels médicaux ou encore personnels navigants qui bénéficient de dérogations. 

 

Un protocole sanitaire plus que nécessaire malgré tout

Tout ceci étant dit, on comprend que jusqu’à la levée de l’état d’urgence sanitaire, qui fera aussi lever les quarantaines (septaine ou quatorzaine) obligatoires, difficile de réellement passer des vacances insouciantes sur l’île. Toutefois, les huit cas importés rapportés ce jeudi par les autorités, concernant des voyageurs en provenance de la métropole mais aussi de Mayotte, viennent aussi souligner toute l’importance de ces mesures et de leur respect. Notamment concernant le respect de la septaine stricte : hier, deux des huit cas ont pu être confirmés dans le cadre du dépistage à J+7, prévu par le protocole.

A LIRE AUSSI -> 8 nouveaux cas à La Réunion ce jeudi, tous importés de Mayotte et de métropole

Leurs tests, avant embarquement, s’étaient pourtant révélés négatifs. Que pourrait-il se passer, si se croyant non-porteurs du virus, ces voyageurs avaient baissé leur vigilance pendant la septaine, en cédant à la tentation de quelques sorties ? Et les touristes arrivant pour un court séjour voudront-ils jouer le jeu en sacrifiant tout un pan de leurs vacances à l’isolement strict ? Reste à voir si les contrôles eux, seront au rendez-vous, et suffisants, pour éviter que le virus ne circule à nouveau à La Réunion. Pour rappel, le dernier cas autochtone de Covid-19 remonte au 18 juin. Et l’avant-dernier du 21 mai, signes d’une présence très faible du coronavirus sur le département. Voilà qui vient rappeler ô combien l’équilibre est difficile à trouver, entre ouverture du ciel et sécurité sanitaire. 

 

J.CTS

 



Ci-dessous, quelques questions et réponses issues de la “Foire aux questions” du site de la préfecture de La Réunion au sujet du dispositif Covid-19 pour les voyageurs. 

 

Plus d’informations -> #OnVousRépond : FAQ sur les modalités d’entrée sur le territoire 

 
Si j’ai réalisé mon test 72h avant l’embarquement, puis-je être isolé dans un centre d’hébergement hôtelier dédié pris en charge par l’État ?

L’expérimentation est destinée à des personnes autonomes. Il n’y a pas de centre d’hébergement dédié de l’Etat pour les septaines.

 

Puis-je bénéficier du dispositif allégé si j’ai réalisé un test au maximum 72h précédant mon départ mais que je n’ai pas encore les résultats au moment de l’embarquement?

Oui, il faudra toutefois présenter à votre arrivée un justificatif attestant que vous avez été prélevé, ainsi que la date de prélèvement. Vous serez contacté rapidement par les services de l’ARS pour connaître les résultats de votre test.

 

Que se passe-t-il si mon test réalisé au maximum 72h avant l’embarquement est positif ?

Dans ce cas, je ne peux pas prendre l’avion et je dois m’isoler pendant 14 jours en métropole. Je peux être hébergé en centre dédié en métropole, ou rester isolé dans le lieu de mon choix à mes frais. Je ne peux pas embarquer. Je peux échanger mon billet pour un vol ultérieur sur ce motif. Les conditions de remboursement et de report de mon billet dépendent de la politique commerciale de ma compagnie aérienne. Les compagnies aériennes ont été invitées à faciliter le report des billets sans frais dans cette situation.

 

Le test peut être prescrit par un médecin de ville ou réalisé directement en laboratoire, sur présentation du billet d’avion ou de toute autre justification de réservation de vol. Ce test ainsi que celui réalisé à J+7 après l’arrivée est entièrement pris en charge par la sécurité sociale.

 
Les mineurs voyageant avec leur famille doivent-ils réaliser le test PCR ?

Le test est obligatoire pour les passagers âgés de 10 ans révolus. Pour les enfants de 10 ans ou moins de 10 ans, il est facultatif. Les enfants doivent être obligatoirement testés pour bénéficier du dispositif à compter de la date de leur 11ème anniversaire. 
Les enfants de moins de 10 ans non testés peuvent bénéficier du même protocole sanitaire que leurs parents.

 
 
 
 

[ad_2]

Source link

clicanoo

Have something to say? Leave a comment: