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Les Prix de l’innovation urbaine « Le Monde »-Cities
Pour la cinquième année consécutive, Le Monde décerne ses Prix de l’innovation urbaine-« Le Monde » Cities. Soixante et un projets ont été soumis au jury par un comité de sélection composé de personnalités du monde entier, experts des mutations urbaines : élus, chercheurs, dirigeants d’entreprise ou de fondations, architectes, urbanistes…
Formé des journalistes du Monde qui suivent au quotidien les champs couverts par ces prix, le jury, présidé par Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, a récompensé des innovations développées à l’initiative de municipalités, d’entreprises, de start-up comme d’associations, d’ONG, de fondations, de citoyens ou groupes de citoyens, dans cinq catégories : mobilité, énergie, habitat, urbanisme, participation citoyenne. Le Grand Prix, doté de 20 000 euros, a été décerné, parmi ces cinq projets, à celui qui se distingue particulièrement par son approche innovante, l’ampleur de son impact potentiel et sa possibilité de reproduction.
Quand soufflent les vents venus du Sahara, chargés de poussière et de sable, les niveaux de pollution aux particules fines explosent à Carthagène. En temps normal, les particules fines PM10 et PM2,5 ont déjà tendance à proliférer dans cette ville espagnole aride et entourée de collines, située dans le sud-est du pays, sur la Méditerranée, autant connue pour les ruines de son théâtre romain vieux de deux mille ans que pour son important port naval et pétrochimique.
Les gaz émis par l’industrie et le trafic automobile, associés aux fortes chaleurs et à l’ensoleillement, provoquent également des pics de pollution à l’ozone (O3). A cela s’ajoute, ces derniers temps, la multiplication des événements météorologiques extrêmes. « En un an, nous avons subi la tempête Gloria et deux épisodes de “goutte froide” [des orages à répétition, des pluies continues et, dans des cas plus graves, des inondations] », souligne la conseillère municipale en charge de la ville durable et des projets européens, Cristina Mora. « La désertification avance, la Mer mineure [réserve d’eau salée reliée à la Méditerranée] souffre et le nombre de nuits tropicales augmente… », poursuit-elle.
Le constat est clair. La solution beaucoup moins. Pour lutter contre les effets du changement climatique, la ville a donc décidé de faire appel à une société technologique locale, baptisée HOPU (Human Oriented Products for Urbanism). « En général, non seulement les villes manquent de données scientifiques valides, ce qui les empêche de chiffrer correctement leurs objectifs, mais elles ne savent pas non plus par où commencer pour lancer le monitorage de leur ville », souligne Antonio Jara, président et fondateur d’HOPU. Il a commencé il y a plus d’un an une ample surveillance de Carthagène, afin de récolter, grâce à des systèmes basés sur l’intelligence artificielle et l’Internet des objets, toutes sortes de données.
Croisement et analyse de données
Température, humidité, radiation solaire, transpiration du sol, direction et vitesse du vent, mais aussi bruit, affluence, embouteillages, consommation d’énergie, et bien sûr émissions de NO2, CO, O3, soufre, microparticules ou pollen… Sept capteurs enregistrent ce que sont en quelque sorte les constances vitales de la ville. Croisées avec des données obtenues via satellite, telles que l’indice de végétation ou l’existence d’îlots de chaleur (ICU), les informations fournies par les capteurs permettent de dresser un tableau des différentes problématiques de la cité.
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