Aux Etats-Unis, la révolte anti-raciste est aussi un effet de la pandémie due au coronavirus

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Manifestation en marge d’un meeting de Donald Trump, à Tulsa (Oklahoma), le 20 juin.

Chronique. Deux semaines d’importantes manifestations contre les violences policières et les préjugés raciaux ont soulevé des inquiétudes quant à une seconde vague de contamination par le SARS CoV-2 aux Etats-Unis. Il est difficile de manifester collectivement sa colère légitime suite au meurtre de George Floyd par la police de Minneapolis en se tenant à plus de deux mètres des autres manifestants. Et le port du masque n’est pas totalement respecté dans les cortèges, pas plus qu’il ne l’est en général où que ce soit aux Etats-Unis.

Mais les liens de causalité allant dans la direction opposée, c’est-à-dire de la pandémie vers les manifestations, ont reçu beaucoup moins d’attention. Une question se pose, qui ne diminue en rien l’horreur d’une mort comme celle de Floyd : pourquoi maintenant ?

Car avant Floyd, la police avait tué Michael Brown, à Ferguson (Missouri) en août 2014. Un mois auparavant, Eric Garner mourait à New York, plaqué au sol par la police, alors qu’il se plaignait, tout comme Floyd : « Je ne peux pas respirer. » Cent Afro-Américains sont morts lors d’une arrestation par la police au cours des six dernières années, selon un décompte de la National Public Radio.

Les effets de la pandémie

L’une des explications souvent avancée est la vidéo particulièrement horrible qui a rapidement occupé la une des réseaux sociaux et des médias. Mais la vidéo du meurtre de Garner était tout aussi atroce.

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Une explication plus convaincante est… les effets de la pandémie. Ce n’est pas un hasard si on trouve une proportion exagérée d’Afro-Américains dans les emplois de service, où le chômage fait désormais des ravages. Ce n’est pas par un hasard si la part de la population (hors personnes âgées) dépourvue d’assurance maladie est 1,5 fois plus élevée chez les Noirs que chez les Blancs. Et ce n’est pas par hasard si le taux de mortalité du Covid-19 est 2,4 fois plus élevé pour les Noirs que pour les Blancs. Même sans images supplémentaires de la brutalité policière, la situation de nombre d’Afro-Américains, aggravée de manière disproportionnée par la pandémie, était déjà à la limite de ce qui est supportable.

Cela parce que le filet de protection sociale de l’Amérique est usé. Les allocations-chômage sont en général limitées à vingt-six semaines aux Etats-Unis. L’aide fournie dans certains Etats du Sud est encore plus restreinte. Certains, comme la Floride, ont même conçu les vérifications opérées par les fonctionnaires de sorte qu’il soit aussi difficile que possible de remplir les conditions pour percevoir l’allocations-chômage.

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