[Société] Le carry en bocal, l’ambition d’une petite entreprise saint-pierroise

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Depuis moins d’une semaine, le site carrybocal.fr propose carry poulet, rougail morue, coq massalé, rougail saucisses et autres spécialités réunionnaises à la vente, à La Réunion comme à l’international. L’originalité ? Ils sont conditionnés en bocaux, stérilisés, pour être conservés plusieurs années. La petite entreprise, basée à Saint-Pierre, souhaite ainsi proposer une alternative aux quelques conserves déjà présentes sur le marché, mais aussi faire gagner du temps aux amateurs de bons carrys fait-maison. 

Tout a commencé dans la cuisine de Vincent Dennemont et de son épouse, lorsque ceux-ci, dans une démarche “anti-gaspi”, ont décidé de cuisiner en grande quantité et de mettre leurs différents carrys en bocal, pour leur consommation personnelle. “C’était pour nous une économie d’énergie et d’argent. Lorsqu’il y avait des belles promotions par exemple sur le poulet, on en achetait 10 ou 12 au lieu d’un, et on les cuisinait et on les mettait en conserve, pour avoir zéro perte. Ca nous faisait un garde-manger à moindre coût, mais qui nous faisait aussi gagner du temps en rentrant du travail ou du sport”, rappelle Vincent Dennemont, gérant de Carry Bocal. 

Puis, à force de les faire goûter à leurs amis, l’idée de les commercialiser est vite arrivée. Si le carry ou autre plat en bocal n’est pas une innovation, puisque d’autres entreprises artisanales en proposent aussi quelques-unes, Carry Bocal est le premier à avoir concentré son activité uniquement sur ce concept. D’autres marques, comme Royal Bourbon, ou, Soleil Réunion précédemment, se sont aussi lancées sur ce créneau.

 

 

La toute petite entreprise de conserverie artisanale de la Ravine des Cabris, elle, a démarré avec peu de moyens. “Une aventure familiale”, qui a aussi pu se faire grâce à la collaboration avec Antony Grenier, ami de Vincent, qui aujourd’hui gère la distribution officielle de Carry Bocal. “On a commencé avec très peu de moyens. C’est une aventure familiale”. Une distribution qui a commencé sur les marchés en décembre dernier. Alors que la petite entreprise commençait à trouver sa clientèle et à augmenter sa présence sur les marchés de l’île, la crise sanitaire est venue les stopper net. D’autant que les semaines suivantes, ils n’ont pas pu réapparaître sur les marchés, au contraire des fruits et légumes. 

 

De la marmite au bocal 

 

Alors, comme beaucoup d’entreprises pendant cette crise sanitaire, il a fallu devant l’absence totale de chiffre d’affaires, se réinventer et s’initier au e-commerce. D’où le lancement du site de vente en ligne, la semaine dernière, pour proposer les six recettes qui existent aujourd’hui. A savoir rougail morue, carry poulet, rougail saucisses fumées, carry porc pommes de terre, carry boucané pommes de terre, et carry coq massalé. “Des classiques que tout le monde connaît”. Même si les deux amis ne s’interdisent pas de proposer à l’avenir des recettes plus originales, mais qui incluent toujours un ingrédient typique de La Réunion, comme le chouchou, le ti-jacque, les pommes en l’air, le palmiste, ou encore la bière Dodo ! “On va essayer de proposer une nouvelle recette originale chaque semaine sur le site”, espère Antony Grenier. 

 

 

Selon Vincent Dennemont et Antony Grenier, rien à voir avec les carrys en conserve industriels : “On n’utilise que des produits 100% frais, qui viennent du circuit court, et que l’on transforme dans les 24h. On n’y ajoute aucun additif, aucun colorant, aucun épaississant. Uniquement de l’artisanal, cuisiné à la marmite !”. D’ailleurs, après cette cuisson à la marmite – un peu plus courte que d’habitude -, carrys, rougails ou civets sont directement disposés dans les bocaux, pour être appertisés (technique de conservation par une stérilisation à la chaleur dans un récipient hermétique) à environ 120°C. C’est là que la cuisson est achevée. “Quand on réchauffe la conserve (au micro-ondes ou à la casserole, ndlr), c’est comme si ça sortait de la marmite”, promet Carry Bocal, qui propose d’ailleurs sur son site des astuces pour améliorer encore la dégustation par l’ajout de gros piments ou d’oignons verts au plat avant de le consommer. 

 

Conservation jusqu’à 3 ans

 

Pour Carry Bocal, il s’agit aussi de lever les appréhensions concernant la nourriture en conserve, qui “a mauvaise presse”. “C’est pour cela qu’on a choisi une conserve en verre, pour qu’on puisse voir le produit à l’intérieur, que ça attire l’oeil”, explique Antony Grenier. Pour Vincent Dennemont, il y a même “toute une éducation à faire autour de la conserve, le moyen le plus sûr de conserver des aliments”. Car selon lui, tout dépend de la qualité des produits cuisinés : “Les industriels privilégient des matières premières pas très chères, d’où la présence des exhausteurs de goûts et autres additifs”. 

Mais le principal avantage de leur produit, selon ses concepteurs, est son côté pratique : un plat prêt à être dégusté en quelques minutes, et qui se conserve au placard jusqu’à 3 ans. “L’appertisation fige les saveurs et la texture dans le temps, du moment que le produit n’entre pas en contact avec l’air. Il va juste être moins compétent en terme d’énergie apportée au corps, avec le temps, mais il ne périme pas”, souligne Vincent Dennemont. 

 

Une petite dizaine d’euros le bocal de 400gr 

 

La petite entreprise saint-pierroise, qui compte tout juste trois personnes, vise donc plusieurs types de clientèles, des actifs qui n’ont pas le temps de cuisiner aux familles qui souhaitent en envoyer à leurs proches en métropole, en passant par les “expatriés” mais aussi les touristes qui veulent se rappeler du goût péi une fois loin de l’île. “Rapidement, la clientèle qu’on avait ciblée a été confirmée sur les marchés. Mais on a aussi trouvé une clientèle de personnes âgées qui vivent seules et ne peuvent plus cuisiner, ou n’ont pas envie de faire un carry pour une seule personne”, témoignent Vincent et Antony. 

Le prix, lui, varie selon les recettes, allant de 9 euros pour le carry poulet, à 12 euros pour le coq massalé ou le rougail morue, le bocal permettant de servir deux personnes (400gr). 

Si chaque semaine, ce sont 250 à 300 pots qui sont remplis de spécialités péi, Carry Bocal pourrait en produire jusqu’à 600. D’autant que d’autres recettes sont en préparation, pour la création d’une gamme de grains divers. Mais pas question de faire dans le classique avec les haricots rouges ou pois du cap : il mise sur des légumineuses plus traditionnelles, comme le voëme, le zantak, ou le zembrovate. Et l’entreprise ne s’interdit pas non plus d’ajouter un blog culinaire à son site de vente en ligne, où l’on retrouverait les recettes traditionnelles. Après tout, la cuisine péi, ça se partage ! 

 

Site internet : https://carrybocal.fr/

 

 

 

 

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