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Désigner son interlocuteur comme un « rival systémique », un concurrent économique « déloyal », ainsi que comme un acteur majeur de la désinformation et des entorses aux droits humains. Mais, en même temps, affirmer qu’il reste « un partenaire nécessaire », voire un allié essentiel : les réunions entre l’Union européenne (UE) et la Chine ont toujours un peu la même substance mais, lundi 22 juin, les dirigeants des institutions européennes ont usé de formules moins conventionnelles que d’habitude.
Après avoir rencontré – par visioconférence – le premier ministre Li Keqiang, puis le président Xi Jinping, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et son homologue du Conseil, Charles Michel, voulaient apparemment corriger la vision d’une relation que le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell décrit comme « peut-être trop naïve ». « Nous devons reconnaître que nous ne partageons pas les mêmes valeurs, le même système politique, la même approche du multilatéralisme », a souligné Charles Michel.
Mme von der Leyen estime, elle, que les discussions du jour étaient « seulement un début ». Sur la question des investissements étrangers en Chine, par exemple, car les promesses que le premier ministre Li formulait en 2019 n’ont pas été tenues et parce qu’un accord censé corriger les asymétries qui pénalisent les Européens est toujours en négociation. « S’il n’y a pas d’accord avant la fin, ce serait très dommage. Et il sera, alors, très difficile d’avancer sur l’agenda 2025 », indique la présidente de la Commission, évoquant le programme censé déterminer les grands axes de la future coopération entre les deux blocs.
Si les dirigeants européens ne cachent plus leurs questions quant au respect par la Chine de ses engagements en matière climatique, les droits de l’homme restent le grand point de désaccord entre les deux parties.
« Relation complexe »
Vendredi 19 juin, les eurodéputés ont adopté un texte évoquant la nécessité de sanctions contre les auteurs de la répression à Hongkong. Lundi, les dirigeants des institutions ont souligné leurs « graves préoccupations » à l’égard du projet de loi sur la sécurité qui devrait s’appliquer au territoire indépendant. Cette démarche n’est « pas conforme » aux engagements internationaux signés par la Chine, jugent les dirigeants de l’UE.
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