L’alcoolier chinois Moutai, roi du « baijiu », plus forte valeur de la Bourse de Shanghaï

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« Ganbei ! » Le groupe chinois Kweichow Moutai a trinqué, lundi 22 juin, à son nouveau record. Le spécialiste de l’alcool blanc à base de sorgho, le baijiu, véritable emblème national, a décroché le titre de société la plus valorisée à la Bourse de Shanghaï. Coiffant sur le poteau l’Industrial & Commercial Bank of China (ICBC). Tout un symbole pour cette entreprise d’Etat, qui détient la marque de luxe la plus prisée de l’ex-empire du Milieu.

Les tenants du verre à moitié vide ne manqueront pas de souligner que cette place, le groupe de spiritueux la doit à une baisse de l’action de la banque. Qu’importe, à la clôture, Moutai valait 1 810 milliards de yuans (230 milliards d’euros), contre 1 780 milliards de yuans (220 milliards d’euros) pour son rival. L’action du groupe de spiritueux s’est négociée à 1 439 yuans. Fin juin 2019, l’entreprise s’enorgueillissait d’être la première dont le titre passait le cap des 1 000 yuans. Un an plus tard, l’action Moutai s’est donc appréciée de plus de 40 %. Bingo pour les spéculateurs !

Des investisseurs rassurés

Quid de la crise du Covid-19, direz-vous ? Le calendrier lunaire a été favorable à l’entreprise. Cette année, le Nouvel An, temps fort de consommation, plus précoce, a permis à la marque de baijiu d’écouler sa production avant les mesures de confinement. Au premier trimestre 2020, Moutai a annoncé une croissance de son bénéfice de 16 % et une hausse de ses ventes de 12 %. Et même si l’entreprise, qui pèse 88 milliards de yuans (11 milliards d’euros) avait averti en début d’année qu’elle tablait sur un ralentissement de sa croissance à 10 % cette année, après 15 % en 2019, les investisseurs ont été rassurés. D’autant que les prix n’ont guère été affectés pendant la crise. Si l’entrée de gamme de cette eau-de-vie élaborée dans la région de Guizhou et vieillie cinq ans se vend autour des 270 euros le demi-litre, certains flacons atteignent 1 500 à 2 000 euros.

Lire aussi L’irrésistible ascension de Moutai, spécialiste de l’alcool national chinois, le « baijiu »

Le succès de cet alcool plébiscité par la nomenklatura chinoise et par la population avide de signes de reconnaissance n’a pas échappé aux géants des spiritueux. Mais l’accès des étrangers à ce marché stratégique se fait au compte-gouttes. LVMH, qui avait créé une co-entreprise en 2007 avec Jiannanchun, qui détient la marque Wen Jun, a jeté l’éponge en lui cédant ses parts dix ans plus tard. Le leader mondial, le britannique Diageo, détient, lui, 40 % du capital de Shui Jing Fang, marque de baijiu également cotée à Shanghaï. Quant à Pernod-Ricard, il a signé, en novembre 2019, un accord de « coopération stratégique » avec Wuliangye, autre grand acteur de cet alcool de céréales. L’enjeu, partagé par Moutai : faire couler le baijiu hors des frontières chinoises.

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