Aux Etats-Unis, Camden, la ville où la police a « changé de philosophie »

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Le lieutnant Zack James de la police de Camden, New Jersey,  participe aux manifestations contre les violences policières, le 30 mai.

Au début, les habitants de Camden (New Jersey) se sont montrés plutôt circonspects face aux policiers toquant à leur porte pour se présenter et les assurer de leurs services. Puis ils se sont habitués à cette présence visible dans l’espace public : les patrouilles déployées à pied, à vélo, en voiture, les policiers jouant au football avec les jeunes des quartiers.

Aujourd’hui, les relations entre les forces de l’ordre et les 75 000 habitants de la ville sont telles que le chef de la police, Joseph Wysocki, a participé fin mai aux manifestations contre les violences policières et le racisme organisées après la mort de George Floyd, derrière une pancarte affichant sa « solidarité ».

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Ce climat apaisé dans une ville longtemps réputée pour son taux de criminalité record et ses affaires de corruption, ne doit rien au hasard. L’aggiornamento opéré par les autorités dans les services de police en 2013 a produit des résultats tangibles, que nombre de villes, aujourd’hui scrutées pour leur gestion des forces de l’ordre, étudient avec envie.

Camden, minée par le trafic de drogue, demeure l’une des villes les plus dangereuses du New Jersey et l’une des plus pauvres du pays (37 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, près de trois fois plus que la moyenne nationale), mais la baisse des crimes et délits ne se dément pas et les plaintes contre la police ont quasiment disparu.

Un cas d’école

Entre 2014 et 2020 le nombre de meurtres est passé de dix-huit à cinq, les violences avec armes de 109 à 88, les vols de 295 à 94. Seuls les viols et les vols de voiture sont en hausse. Depuis quatre ans, les représentants de plus d’une centaine de municipalités sont venus observer sur le terrain les réussites de Camden. Et la ville s’attend à un nouvel afflux alors que le débat sur la réforme des services de police s’est emparé de tout le pays.

Car Camden est un cas d’école. Avant, rien n’allait. « Les policiers étaient connus pour leur absentéisme, leur corruption, leur paresse. Ils restaient à leur bureau. Il régnait dans le service un état d’esprit du type “eux contre nous” et les habitants avaient peur des policiers », explique sans fard Louis Cappelli, le directeur exécutif du comté, qui englobe Camden.

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« Les accords syndicaux étaient protecteurs et avantageux : salaires élevés, heures supplémentaires à la pelle…, alors même que la ville se débattait dans des problèmes financiers », ajoute l’élu, qui a supervisé la réforme radicale et inédite, lancée sous la houlette du chef de la police d’alors, Scott Thomson.

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