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BENJAMIN GIRETTE POUR « LE MONDE »
ReportagePrès de 15 000 personnes selon la préfecture de police ont répondu, samedi, à l’appel du comité Adama en participant à la marche nationale « vérité et justice ».
Jusqu’à présent, les « manifs à Paris », ce n’était pas leur truc. « A quoi bon ?, se disaient-ils. Rien ne change jamais. » Samedi 13 juin, Mamadou Marega, 29 ans, Job Dorvilma, 27 ans, et Baba Dabo, 27 ans, étaient pourtant là, à 14 h 30, place de la République à Paris. Les trois copains, qui ont grandi à Clichy-sous-Bois (93), ont répondu à l’appel du comité Adama, du prénom du jeune homme mort à la suite d’une interpellation musclée dans le Val-d’Oise en juillet 2016. Ils sont venus participer à la marche nationale « vérité et justice », qui a réuni 15 000 personnes selon la préfecture de police. Tandis que d’autres défilés avaient lieu à travers la France, comme à Marseille (2 200 selon la police, 4 000 à 5 000 selon les organisateurs), Bordeaux (environ 500 personnes), Lyon (2 000 personnes) ou encore Nantes (1 000 personnes).
Manifestants portant un T-shirt noir floqué demandant « Justice » pour Adama Traoré, ou le maillot de Colin Kaepernick, l’ex-quarterback américain, blacklisté par la NFL pour s’être agenouillé pendant l’hymne national américain en signe de protestation contre le racisme et les violences policières ; panneaux et pancartes en français et en anglais, demandant la justice pour Adama, pour Babacar, pour Sabri, Larami, Ibrahima, Mushin, Malik Oussekine et bien d’autres, « victimes de violences policières » ; anonymes ou vedettes, fidèles du comité Adama et « gilets jaunes », jeunes et vieux, noirs et blancs, militants de Lutte ouvrière, antifascistes, anciens et nouveaux militants du combat contre les violences policières… La place de la République était bondée, raisonnant du son de tambours, empêchant parfois d’entendre les orateurs qui se sont succédé au micro.
Un rassemblement dans la continuité de celui du 2 juin
Ce rassemblement, Assa Traoré, la grande sœur charismatique et porte-parole de la famille, le souhaitait « dans la continuité de celui du 2 juin [qui avait réuni 20 000 personnes selon la préfecture, plus de 60 000 selon les organisateurs, devant le tribunal de grande instance de Paris], pour dénoncer la violence policière, pour dénoncer la violence sociale, pour dénoncer la violence raciale ». « Il y a eu la mort de George Floyd, cette mort a fait écho directement avec la mort de mon petit frère en France. Ce qui se passe aux Etats-Unis, il se passe exactement la même chose en France. Nos frères meurent », a lancé la jeune femme au micro, perchée sur un camion faisant face à la foule.
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