[ad_1]
Ivan Krastev est un politologue bulgare, il préside le Centre for Liberal Strategies (CLS), un think tank basé à Sofia. Ses travaux portent sur la géopolitique, l’Europe, la montée du sentiment antilibéral et du populisme. Il collabore à plusieurs titres de la presse internationale. Son nouvel ouvrage, Est-ce déjà demain ? Le monde paradoxal de l’après-Covid-19 (Premier parallèle, 120 pages, 12 euros), vient d’être publié dans près de vingt langues à travers le monde.
Dès les premiers temps de la crise sanitaire provoquée par le Covid-19, une question s’est posée : les régimes autoritaires étaient-ils plus efficaces que les démocraties pour contenir la maladie ? Qu’en pensez-vous ?
Sur la base de ce que nous avons pu observer jusqu’à présent, il n’est pas possible de donner une réponse définitive à cette question. Cette crise a plutôt démontré à quel point démocraties et régimes autoritaires ne forment pas deux ensembles homogènes. D’un pays à un autre, les différences sont grandes.
Certains régimes autoritaires, comme Singapour, ou la Chine, s’en sont bien tirés grâce à la surveillance numérique et à un contrôle étroit de la population. D’autres pays, également dits autoritaires, n’arrivent pas à protéger leur population, que l’on pense au Brésil ou à la Russie, qui est aujourd’hui le deuxième pays le plus touché par la pandémie, derrière les Etats-Unis.
L’Amérique donne, à ce titre, l’exemple d’une démocratie qui ne se montre pas à la hauteur, tandis que l’Allemagne ou la Corée du Sud ont beaucoup mieux fait, avec un nombre bien plus limité de décès. Mais ces subtilités resteront largement ignorées, chaque camp, démocratie ou régime autoritaire, prétendra que la crise a démontré que son modèle politique était le meilleur.
A l’occasion de cette crise, beaucoup se sont mis à rêver « à un monde d’après ». Que vous inspire ce besoin de réinventer le monde ? Plus généralement, quel fut l’impact du confinement sur nos représentations politiques ?
Pendant un moment, tout semblait possible et envisageable. Les écologistes ont vu les avions rester au sol, ce qui était inenvisageable il y a encore peu ; et les nationalistes ont vu se réaliser leur rêve d’une fermeture des frontières à l’intérieur même de l’Union européenne (UE). Elles ont même été fermées beaucoup plus vite qu’elles ne l’ont été au cours de la crise des migrants.
Prise dans sa totalité, la société mondiale a vécu une expérience sans précédent : pendant deux mois, nous avons tous habité un monde commun. Partout sur Terre, les informations parlaient de la même chose, le coronavirus
Il vous reste 72.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
