[ad_1]
Pape de tous les superlatifs, Jean Paul II a profondément marqué de son empreinte l’Eglise catholique et, plus globalement, l’époque contemporaine. « Athlète de Dieu », « géant du XXe siècle », Karol Wojtyla s’est illustré par son combat contre le communisme, sa détermination à redonner au catholicisme sa puissance, sa capacité à mobiliser des millions de jeunes catholiques à travers le monde – on se souvient en particulier des Journées mondiales de la jeunesse de Paris, en 1997 –, son inlassable activité de voyageur. En un mot, son charisme.
A l’heure où l’on commémore le centenaire de la naissance de ce pape fait saint moins de dix ans après sa mort, on aurait pu s’attendre à une avalanche d’ouvrages célébrant sa mémoire. Il n’en est rien. Faut-il y voir un malaise quant au bilan du pontife polonais ? C’est ce que pense la journaliste et écrivaine Christine Pedotti, qui publie, avec l’historien Anthony Favier, un bilan particulièrement sévère du pontificat du Saint-Père (Jean Paul II, l’ombre du saint, Albin Michel). « Quinze ans après sa disparition, déplorent les auteurs, les fruits de ce long pontificat se révèlent terriblement amers ».
Qu’est-ce qui vous a conduits à vouloir revisiter l’héritage de Jean Paul II, dont le pontificat (1978-2005) a été encensé de son vivant même ?
Au départ de notre réflexion, Anthony Favier et moi-même nous sommes demandé quel était le rapport entre la crise dans laquelle est plongé le catholicisme aujourd’hui et le pontificat de Jean Paul II. En parcourant l’ensemble du pontificat, nous avons mis en évidence une très forte cohérence, des choix politiques très puissants, ce qui est une des bases du charisme exceptionnel de Jean Paul II – en dehors de son charisme personnel. Choix, en l’occurrence, de la reconquête d’un catholicisme de puissance, alors qu’il arrive au trône de saint Pierre en pleine crise du catholicisme.
Le nouveau pontife considère qu’il est là pour mettre fin à cette crise. Pour ce faire, il choisit de réinstaurer un système puissant, profondément centralisé, qui ne va pas entériner les éléments de collégialité décidés lors du concile Vatican II (1962-1965). Et de procéder à un véritable travail de réarmement doctrinal avec le cardinal Ratzinger, qu’il appelle très vite à ses côtés. Au fil de ses nombreux voyages, il va imposer cette centralité de pays en pays.
Vous affirmez qu’en restaurant la figure du prêtre dans toute sa sacralité, Jean Paul II aurait préparé un terreau propice aux abus sexuels. Qu’est-ce qui justifie un tel rapprochement ?
Il vous reste 87.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
