[ad_1]
Comment un président de la République peut-il faire campagne pour sa réélection quand ses prérogatives, essentiellement limitées à la politique étrangère et à la défense, sont reléguées au second plan par la pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques ? Cette question difficile à laquelle doit répondre en Pologne Andrzej Duda constitue un enjeu plus important encore pour sa famille politique, le parti national-conservateur Droit et justice (PiS), au pouvoir depuis 2015.
Bien que le régime polonais, de type parlementaire, consacre la prépondérance du premier ministre, le président, élu au suffrage universel direct, n’est pas réduit à une seule fonction de représentation et dispose d’un droit d’initiative et de veto législatifs. Ainsi les situations de cohabitation tendent en Pologne à davantage profiter au chef de l’Etat, qui peut bloquer certaines décisions de la majorité gouvernementale. Un tel scénario de partage du pouvoir, improbable il y a quelques semaines en raison de l’écrasante popularité d’Andrzej Duda, n’est plus à exclure depuis l’entrée en lice le 15 mai du maire de Varsovie, le libéral Rafal Trzaskowski. Ses scores élevés dans les sondages inquiètent le PiS, qui a donc dû sonner la mobilisation générale.
Risque de « paralysie »
Au Parlement, jeudi 4 juin, c’est d’abord le premier ministre, Mateusz Morawiecki, qui, de façon inattendue, a demandé un vote de confiance. Son discours, prononcé en présence du chef de l’Etat, a certes été un plaidoyer pour le bilan gouvernemental, mais il a également dépeint Andrzej Duda en « inspirateur » de grands projets d’investissement comme la construction d’un vaste aéroport au centre de la Pologne et la canalisation de la presqu’île de la Vistule. Lors des jours précédents, Mateusz Morawiecki avait pris soin de le mettre en scène au cours de visites de chantier et de conférences consacrées à ces initiatives. « Jusqu’alors, le président n’y participait pas », observe Jaroslaw Flis, chercheur spécialiste des élections à l’Université jagellonne de Cracovie.
Le premier ministre a par ailleurs mis en garde son auditoire contre le risque de « paralysie des institutions » qui résulterait d’une mésentente entre organes décisionnels alors que, dans le contexte de pandémie et de crise économique, « nous avons besoin d’unité ». Enfin, il a accusé Rafal Trzaskowski d’être à l’origine d’un « plan d’attaque contre les familles », en référence à l’adoption en 2019 par la mairie de Varsovie d’une charte de lutte contre l’homophobie et de renforcement des cours d’éducation sexuelle.
Il vous reste 49.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment: