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Un homme d’affaires italien, Gianluigi Torzi, qui avait servi d’intermédiaire au Saint-Siège pour acquérir un immeuble de luxe à Londres, a été arrêté vendredi 5 juin par la justice vaticane, rapporte un communiqué du Saint-Siège.
Le procureur du tribunal du Vatican enquête depuis l’été dernier sur le circuit d’achat opaque de l’immeuble. L’Italien est soupçonné d’extorsion, de détournement de fonds, de fraude aggravée et de blanchiment d’argent. M. Torzi, détenu dans des locaux de la gendarmerie vaticane, encourt jusqu’à douze ans de prison, selon le communiqué du Vatican.
L’investissement au cœur de l’enquête est un immeuble dans le chic quartier londonien de Chelsea (17 000 m2 transformés en une cinquantaine d’appartements de luxe sur Sloane Avenue), une opération qui pourrait représenter un coût total de 200 millions d’euros selon un journal italien.
Une loi encadrant les appels d’offres pour ses dépenses internes
Une première participation avait été prise dans le projet en 2014 via un fond luxembourgeois géré par la holding d’un homme d’affaires italien, Raffaele Mincione, qui au final aurait fait une plus-value juteuse. La gestion financière peu avantageuse, via la Suisse et le Luxembourg, avait incité le Vatican quatre ans plus tard à y mettre fin en rachetant l’ensemble de l’immeuble londonien, et en cédant ensuite le contrôle à un autre financier basé à Londres, Gianluigi Torzi, selon des éléments de l’enquête publiés par la presse l’an dernier.
La justice vaticane avait procédé le 1er octobre à des saisies de documents dans les bureaux mêmes de la secrétaire d’Etat — le cœur du gouvernement du Vatican, où travaille la garde rapprochée du pape et de l’Autorité d’information financière (AIF) — un gendarme financier indépendant. L’un des rares épisodes de cette affaire qui ait été confirmé par le Vatican.
Cinq personnes, dont le numéro deux de cette autorité anti-blanchiment et un prélat, avaient alors été « suspendues par précaution » de leurs fonctions dans le cadre de l’enquête, avait ensuite révélé une affichette à usage interne de la gendarmerie vaticane portant leurs photos et noms, tels des repris de justice. François s’était alors séparé de son fidèle garde du corps et trop zélé chef de la gendarmerie vaticane, Domenico Giani.
Fin novembre, dans l’avion qui le ramenait d’un voyage en Thaïlande et au Japon, le pape François avait reconnu devant la presse l’existence d’un « scandale » de corruption au sein du Vatican. « On a fait des choses qui n’étaient pas propres », avait regretté le souverain pontife. Le pape argentin avait été élu en 2013 pour notamment mettre de l’ordre dans les finances vaticanes, une réforme ardue qui a rencontré de la résistance au sein de certains « dicastères » (ministères) gérant des fonds de manière très autonome et peu transparente. Le Vatican a dévoilé lundi une loi encadrant les appels d’offres pour ses dépenses internes, du jamais vu destiné à prévenir la corruption et mieux gérer les ressources de l’Eglise.
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