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LE TAMPON. Si l’ingratitude et la méchanceté avaient un visage, ce serait celui-ci.
LE TAMPON. Sans coeur. C’est la première impression que donne Jules I., un grand gaillard au crâne rasé de 52 ans qui terrorise sa pauvre mère de 78 ans et ses soeurs. Présenté par visioconférence car déjà incarcéré, il reste les bras croisés alors que sa mère s’effondre en larmes à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Pierre ce jeudi matin.
Le 12 décembre dernier, alors qu’il a interdiction d’entrer au contact de sa mère, il se présente à son domicile au Tampon, s’enferme dans la chambre et brandit un sabre en proférant des menaces. Il est sous l’effet de la drogue et de l’alcool. “Si vous saviez toutes les horreurs que je subis depuis qu’il a 18 ans. Il est tombé dans l’alcool et la drogue. On lui a tendu la main avec son père mais on a enduré le martyr. Il nous enfermait pour cacher sa drogue, il se défoule sur nous. Maintenant mon mari est décédé mais depuis qu’il est sorti de prison, il vient à la maison. Je dois m’enfermer dans ma chambre parce que j’ai peur de lui. Il me dit que je suis vieille, que je ne sers plus à rien et qu’il attend que je meure”, raconte-t-elle avec courage à la barre.
Elle raconte les mois, les années de terreur d’un fils qui n’attend que sa mort pour récupérer sa maison. Il a déjà été condamné par le passé à de la prison ferme pour ces violences, mais il revient quand même à la charge malgré l’interdiction de la revoir. En décembre, il lui a proféré des menaces de mort. “Je coupe ta tête je la met dans un goni et j’appelle le corbillard pour ton corps !”, se souvient la gramoune à la barre. “Il n’a pas de cœur, il est sans pitié”, lâche la mère au coeur brisé. Son fils lui, dit ne plus se souvenir de rien “à cause de l’alcool” et se positionne en victime car il est enfermé en prison. Lors de ses réquisitions, la procureure Caroline Calbo rappelle que ces violences intra-familliales peuvent être exercées par les enfants envers des parents “qui font tout pour leur tendre la main, mais sans évolution”.
Elle a donc requis la peine la plus forte que prévoit la loi, trois ans de prison ferme. Une demande suivie par le tribunal, ainsi qu’une amende de 2000 euros pour dédommager la mère. Le fils indigne restera donc derrière les barreaux encore trois ans, un peu de répit et de sommeil pour cette dame malade et ses quatre filles.
LAURENCE GILIBERT
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