Dans l’Arctique russe, une grave catastrophe écologique et des craintes sur la fonte du permafrost

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La société d’exploitation minière Norilsk Nickel a mis en place des barrages flottants, le 3 juin, pour éviter que la nappe de diesel, déversée dans la rivière Ambarnaïa, n’atteigne le lac Piassino.
La société d’exploitation minière Norilsk Nickel a mis en place des barrages flottants, le 3 juin, pour éviter que la nappe de diesel, déversée dans la rivière Ambarnaïa, n’atteigne le lac Piassino. HANDOUT / AFP

Pour le journal Kommersant, il pourrait s’agir du « plus grand déversement connu de produits pétroliers dans l’Arctique russe ». Une semaine après la catastrophe, les 20 000 tonnes de diesel échappées d’une centrale thermique de la région de Norilsk, soit l’équivalent de 350 wagons-citernes, sont toujours visibles à la surface de la rivière Ambarnaïa, donnant une teinte rougeâtre aux eaux de ce cours d’eau du Grand Nord russe.

Mercredi 3 juin, l’affaire a pris une tournure nationale, lorsque Vladimir Poutine a vertement tancé, en direct à la télévision, le patron de NTEK, filiale du géant minier Norilsk Nickel et propriétaire de la centrale sur laquelle est apparue la fuite. Cette centrale fonctionnant au gaz alimente la ville de Norilsk, 180 000 habitants, à une dizaine de kilomètres. Les cuves de diesel y font office de source d’énergie de secours. C’est l’une d’elles qui s’est affaissée le 29 mai.

« Pourquoi les agences gouvernementales n’ont-elles été mises au courant que deux jours après les faits ? Allons-nous apprendre les situations d’urgences sur les réseaux sociaux ? », s’est interrogé le président russe lors de cet échange. De fait, en même temps que les communiqués rassurants de NTEK, les premières images de la pollution sur l’Ambarnaïa apparaissaient en ligne. Comme en écho aux propos de M. Poutine, trois enquêtes criminelles ont été ouvertes et un employé de la centrale placé en détention provisoire pour un mois.

Des effets « pendant dix ans »

La société d’exploitation minière rejette ces accusations et affirme avoir agi promptement. L’établissement de barrages flottants a ainsi permis d’éviter que la nappe de pétrole n’atteigne le lac Piassino, au nord, puis l’océan Arctique. Mais la situation est loin d’être réglée, avec des opérations de récupération des hydrocarbures qui s’annoncent délicates.

La rivière, peu profonde, ne permet pas une intervention par bateau, et la zone, isolée et marécageuse, est difficilement accessible par la terre. « Il faut travailler très rapidement car le carburant est en train de se dissoudre dans l’eau », a indiqué à l’AFP un porte-parole des services d’urgence. Le carburant pompé devra être stocké sur place jusqu’à l’hiver, dans des containers spéciaux. M. Poutine a également déclaré, mercredi 3 juin, l’état d’urgence au niveau fédéral, permettant de mobiliser plus de moyens. Le ministère de l’environnement évoque, quant à lui, des effets qui pourraient se faire ressentir « pendant dix ans ».

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