nouvelles manifestations massives, la mort de Floyd requalifiée en meurtre

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Manifestation contre le racisme et les violences policières, après la mort de George Floyd, à Los Angeles, en Californie, le 3 juin.
Manifestation contre le racisme et les violences policières, après la mort de George Floyd, à Los Angeles, en Californie, le 3 juin. PATRICK T. FALLON / REUTERS

Les quatre policiers qui ont interpellé George Floyd, un homme afro-américain de 46 ans, à Minneapolis (Minnesota) le 25 mai sont dorénavant tous poursuivis par la justice et sa mort a été requalifiée en « meurtre », comme le réclamaient des centaines de milliers d’Américains qui manifestent depuis la semaine dernière, ont annoncé mercredi 3 juin les autorités.

Les manifestations, qui ont parfois été accompagnées de pillages et d’émeutes ces derniers jours, se sont poursuivies mercredi dans de nombreuses villes, sans qu’aucun débordement majeur n’ait été signalé.

  • Nouvelles manifestations massives, près de 10 000 arrestations ces derniers jours

Dans des dizaines de villes du pays, des milliers de manifestants étaient de nouveau dans les rues mercredi, pour certains bien décidés à braver encore une fois le couvre-feu.

A Washington un important dispositif policier a été une nouvelle fois déployé pour boucler l’accès à la Maison Blanche, même si les autorités ont dit s’attendre à des rassemblements pacifiques. Lundi soir, les abords de la Maison Blanche avaient été évacués manu militari pour permettre à Donald Trump de sortir dans la rue et poser avec un exemplaire de la Bible devant la petite église qui fait face au centre du pouvoir exécutif américain.

A New York, la contestation était pacifique mercredi, selon l’agence AP, mais un couvre-feu précoce, une pluie battante et des tactiques policières améliorées semblaient avoir mis fin à certaines des destructions des nuits précédentes.

A Los Angeles, les manifestants ont de nouveau envahi les rues, au départ de West Hollywood. Et si l’horaire d’entrée en vigueur du couvre-feu avait été repoussé à 21 heures, les participants étaient toujours nombreux dans le quartier de Downtown après 22 heures.

Le maire Eric Garcetti a accédé à une des principales revendications du mouvement « Black Live Matters » qui organise la contestation : réduire le budget de la police pour investir dans des programmes sociaux et éducatifs à destination des communautés noires. Le maire démocrate a renoncé à augmenter le budget de la police l’an prochain et décidé d’allouer 250 millions de dollars à de tels programmes.

A Seattle (nord-ouest), les autorités locales avaient décidé de lever purement et simplement le couvre-feu.

Au total, la police a procédé ces derniers jours à près de 10 000 arrestations dans tout le pays, selon une estimation reprise par les médias américains.

  • L’ex-ministre de la défense Jim Mattis accuse Donald Trump de vouloir « diviser » l’Amérique

Après les scènes de violence qui avaient émaillé la nuit précédente, le président Donald Trump avait menacé lundi de déployer l’armée « pour régler rapidement le problème », des propos immédiatement dénoncés par l’opposition.

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En désaccord apparent avec Donald Trump, le secrétaire américain à la défense s’est lui-même dit mercredi opposé à l’idée de déployer les soldats dans les grandes villes. « Je ne suis pas favorable au décret de l’état d’insurrection », qui permettrait au milliardaire républicain de déployer des soldats d’active face à des citoyens américains, et non des réservistes de la Garde nationale comme c’est actuellement le cas, a déclaré Mark Esper.

Jim Mattis, l’ex-ministre de la défense de M. Trump qui avait démissionné, est à son tour monté au créneau pour accuser le président de « diviser » l’Amérique. « De mon vivant, Donald Trump est le premier président qui n’essaye pas de rassembler les Américains, qui ne fait même pas semblant d’essayer », a écrit l’ancien général des Marines.

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  • Donald Trump dément s’être réfugié dans un bunker

Le président américain s’est aussitôt déchaîné sur Twitter, qualifiant M. Mattis de « général le plus surestimé du monde » et de « chien fou ». « Je suis content qu’il soit parti ! », a insisté le locataire de la Maison Blanche.

Le milliardaire, qui vante les vertus viriles de l’ordre et de la « domination » depuis le début de cette crise, a par ailleurs démenti mercredi les informations selon lesquelles il avait été hâtivement mis à l’abri vendredi soir par le Secret Service dans un bunker sécurisé lors d’une manifestation devant sa résidence officielle.

Donald Trump a aussi dit penser qu’il ne sera pas nécessaire de déployer l’armée en réponse aux manifestations qui secouent les Etats-Unis.

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La société Snap a fait savoir mercredi qu’elle ne mettrait plus en avant dans la section découverte de sa plateforme Snapchat le compte de Donald Trump, expliquant que les commentaires incendiaires effectués par le président américain la semaine dernière rendaient son compte inéligible.

  • Barack Obama salue un « changement de mentalité » chez les manifestants américains

L’ex-président Barack Obama a quant à lui salué le « changement de mentalité en cours », qui pourrait selon lui aboutir à des réformes au niveau national. « Rappelez vous que ce pays a été fondé sur un mouvement de protestation. Ça s’appelle la révolution américaine », a lancé M. Obama lors d’une visioconférence avec des militants.

  • La mort de Floyd requalifiée en meurtre, quatre policiers inculpés

Les charges contre le désormais ex-policier à l’origine de la mort de George Floyd ont été requalifiées mercredi par la justice américaine. Derek Chauvin, qui, le 25 mai à Minneapolis, s’est agenouillé sur le cou du quadragénaire pendant plus de huit minutes, provoquant sa mort, avait dans un premier temps été inculpé seulement d’homicide involontaire. Les chefs d’accusation le visant ont été requalifiés mercredi de meurtre au second degré (« meurtre non prémédité »), plus grave, passible de 40 ans de prison. Les trois autres agents qui l’accompagnaient sont désormais également poursuivis, pour complicité, et placés en détention, à la grande satisfaction de la famille de George Floyd.

Ces poursuites étaient au cœur des demandes des manifestants qui font entendre leur colère partout dans le pays.

Pour le gouverneur du Minnesota, l’inculpation des quatre policiers est une opportunité de « s’attaquer au problème du racisme institutionnalisé et de l’impunité » qui ont abouti à la mort de George Floyd. « C’est probablement notre dernière chance d’y remédier, en tant qu’Etat et nation », a-t-il dit.

Notre sélection d’articles sur la mort de George Floyd

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Le Monde avec AFP, AP et Reuters

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