[Faits Divers] Des pêcheurs à la ligne mettent en fuite des trafiquants de drogue sans le savoir

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SAINTE-ROSE. Samedi soir, une livraison de zamal a échoué dans le petit port de pêche. Le bateau des Mauriciens et les grossistes péi ont pris la fuite en croyant à tort avoir été démasqués. Récit.

Le discret petit port de pêche de Sainte-Rose est décidément un spot de choix pour les trafiquants de drogue qui opèrent entre La Réunion et l’île sœur. En novembre 2016, une saisie record d’héroïne avait été opérée par les douanes et les membres du réseau confondus par les gendarmes de la section de recherches de Saint-Denis. En juin 2019, six trafiquants de zamal avaient été interpellés à l’Anse des Cascades avec pas moins de 142 kilos de zamal destinés à un marché mauricien très florissant.

Samedi soir, le port de Saint-Rose a été le théâtre d’un trafic de zamal qui a échoué dans de drôles de circonstances. Il est environ 20h30 et une nuit noire enveloppe la charmante crique bercée par les vagues. Comme l’endroit n’est pas éclairé, seules des silhouettes percent au loin. C’est ainsi que des pêcheurs à la ligne remarquent un bateau qui se rapproche dangereusement de la côte, toutes lumières éteintes. Ils pensent alors avoir à faire une embarcation en perdition. Les pêcheurs s’approchent du bord et crient au danger.

DU ZAMAL ET UNE ARME À FEU

Le bateau fait brusquement demi-tour et file en haute mer. A terre, des ombres prennent la fuite comme si elles avaient vu un fantôme. Un véhicule ne tarde pas à quitter les lieux. Intrigués, les pêcheurs explorent les alentours. Ils font une stupéfiante découverte. Deux gros sacs ont été abandonnés par les fuyards. De l’un d’eux sort… le canon d’une arme à feu. Les gendarmes de la compagnie de Saint-Benoît sont naturellement alertés. Les sacs, devenus pièces à conviction, sont saisis aux fins d’analyse par les techniciens de l’identification criminelle.

A l’intérieur se trouve du zamal en belle quantité. Un peu moins de 30 kilos. L’arme à feu est une carabine de chasse. L’enquête a été confiée aux gendarmes de la section de recherches de Saint-Denis qui disposent de peu d’indices pour identifier les trafiquants. Tout le monde s’en doute : une partie de la drogue est repartie comme elle était venue. Rétrospectivement, les pêcheurs ont compris qu’ils avaient pris un risque en voulant porter secours. Le genre de méprise qui peut coûter cher.

Eric Lainé

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