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EMPLOI. Depuis lundi, la prise en charge du chômage partiel par l’Etat a changé : les entreprises doivent en payer une partie. Un coup de rabot pour l’instant absorbable par la majorité des employeurs.
Selon une estimation du ministère du Travail, 8,6 millions de salariés ont été placés au chômage partiel en avril. Entre mars et mai, le dispositif aura coûté 24 milliards d’euros à l’Etat selon les dernières estimations. Il s’agissait donc de commencer à alléger le coût de cette mesure qui pèse lourdement dans le budget de l’Etat. Dans les premières discussions, le coup de rabot évoqué se montait à 50% ce qui « aurait été une catastrophe ».
« On s’attendait à pire, on craignait que les salariés ne soient directement impactés. Une baisse trop brutale de la prise en charge aurait été dramatique en matière d’emplois car énormément d’entreprises n’ont aucune visibilité sur les délais d’un retour à la normale. Beaucoup de patrons auraient choisi de licencier. 15% à charge, ça reste raisonnable : les employeurs vont réfléchir avant de casser leurs équipes pour faire redémarrer leur activité », analyse Rémy Mamato, président du CROEC (ordre des experts-comptables).
Pas de différence pour les salariés
Depuis la mise en place du dispositif, l’Etat prenait en charge l’intégralité du chômage partiel, pour les salaires allant jusqu’à 4,5 Smic ce qui garantissait 70% de leur rémunération brute aux salariés. Depuis lundi, l’Etat prend à sa charge 85% du chômage partiel et l’employeur doit verser 15%. Les entreprises se font donc rembourser l’équivalent de 60% des rémunérations brutes. Un changement qui ne concerne pas pour l’instant certains secteurs dont la reprise est complexe comme la restauration, le tourisme ou la culture. Le secteur de la restauration et de l’hôtellerie a déjà demandé le maintien du dispositif « au moins jusqu’au 31 mars 2021 ».
Le salarié ne verra aucune différence : il continuera à percevoir 84% de son salaire net, voire 100% si l’entreprise maintenait déjà à sa charge l’intégralité des salaire. « Une personne qui perçoit le Smic continue de le percevoir en intégralité. Un Smic net équivaut à 1185 euros : l’employeur doit désormais verser 180 euros de sa poche. Pour un salaire de 4000 euros brut, maintenant l’Etat rembourse 2400 euros : il y a un surcoût de 400 euros pour l’employeur par rapport aux mois précédents », explique Rémy Amato.
Même si pour certains, la fin de la prise en charge intégrale par l’Etat arrive trop tôt, le coup de rabot est finalement raisonnable. Ce qui permet au dispositif de jouer encore quelques temps son rôle d’amortisseur de la crise. « On se doute que ce premier coup de rabot ne sera pas le dernier et que d’autres interviendront dans les prochaines semaines. Ça dépendra du coût annoncé du chômage partiel fin juin. Le chômage partiel a été « le » dispositif qui a permis d’amortir la crise malgré un démarrage laborieux à cause de problèmes informatiques. L’inquiétude se porte plus sur septembre : on craint vraiment une vague de licenciements si les entreprises n’ont pas réussi à redémarrer ou que la consommation ne repart pas. Certains commerçants annoncent déjà des fréquentations en baisse de 50%. Pour les restaurateurs, arriver à équilibrer les comptes avec des salles réduites à cause du protocole sanitaire est impossible. Si ces contraintes durent trop longtemps, les salariés actuellement en chômage partiel dans la restauration risquent de basculer en licenciements économiques. Nous sommes très dépendants de ce qui va être décidé pour l’aéroport et le retour des touristes », explique Rémy Amato.
Emilie Marty
Garde d’enfants, justificatif exigé
Depuis le 1er mai, les salariés qui doivent garder leurs enfants de moins de 16 ans bénéficient du chômage partiel. Depuis hier, les conditions ont changé. Les parents doivent produire un justificatif de l’école à leur employeur pour prouver que l’établissement ne peut pas accueillir leur enfant. Sans quoi il devra piocher dans ses congés ou ses RTT. Un justificatif que l’employeur devra transmettre à la direction du Travail (Dieccte).
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