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FactuelAu milieu de la peur et du silence, le souverain pontife a su délivrer des messages qui ont marqué les esprits. Paradoxalement, sa voix n’a jamais semblé aussi audible.
LETTRE DE ROME
Dimanche 31 mai, à la mi-journée, le pape François s’est présenté à la fenêtre du palais apostolique pour s’adresser au millier de fidèles qui attendait son apparition, plus bas, sur la place Saint-Pierre. « Mes chers frères et sœurs, bonjour. Maintenant que les places sont ouvertes nous pouvons y retourner. C’est un plaisir ! » Ces quelques mots simples, il aura fallu attendre trois mois pour les entendre. La dernière fois que le souverain pontife était apparu, c’était le 1er mars, alors que l’Italie – et bientôt l’Europe entière – était en train de découvrir l’ampleur de l’épidémie de Covid-19, qui allait en quelques jours paralyser le continent.
Masqués et contraints à se tenir à bonne distance les uns des autres (ce qui n’est pas difficile, un dimanche ordinaire, l’assistance est de 15 000 à 20 000 personnes, et la place Saint-Pierre peut accueillir beaucoup plus de monde), les fidèles ont répondu à ces simples paroles par de longs applaudissements.
Plus tôt dans la matinée, le pape avait célébré la messe du dimanche de Pentecôte dans la basilique Saint-Pierre de Rome, devant à peine cinquante personnes. La veille, pour sa première apparition devant un public depuis le début du confinement, il avait participé à une prière du rosaire de la grotte de Lourdes en compagnie d’un peu plus de cent personnes, dans les jardins du Vatican. Pour le pontife, le temps des prières solitaires est terminé. Mais cela ne veut pas pour autant dire que l’heure des bains de foule est revenue.
Le quartier des environs du Vatican, d’ordinaire livré aux pèlerins et aux ecclésiastiques plus qu’aux Romains, reste désert, malgré la fin du confinement. La plupart des boutiques de souvenirs et des restaurants pour touristes sont fermés.
Les visiteurs ne se bousculent pas
La basilique Saint-Pierre, elle, a rouvert ses portes le 25 mai, après s’être mise en conformité avec les nouvelles réglementations. Marquage au sol pour indiquer les distances, prise de température… la plus grande église de la chrétienté s’est adaptée sans difficulté aux exigences du moment. Mais les visiteurs ne se bousculent pas, loin de là, si bien qu’il est possible, en pleine journée, de rester plusieurs minutes en tête-à-tête avec la Pietà de Michel-Ange, sans être dérangé par personne. Expérience vertigineuse.
En ce temps de confinement, le centre symbolique et spirituel du catholicisme s’est soudain trouvé déserté. Pourtant, au milieu de la peur et du silence, le pape a su donner, à plusieurs reprises, des messages qui ont marqué les esprits. En jouant sur ce qui est, depuis des siècles, un des ressorts du catholicisme : la force des images.
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