Le gouverneur de la Banque de France appelle à renforcer la zone euro

0
296

[ad_1]

Dans sa traditionnelle « lettre au Président », François Villeroy de Galhau estime que l’euro n’a pas suffisamment favorisé la convergence des revenus entre les pays membres.

Par Marie Charrel Publié aujourd’hui à 10h30, mis à jour à 10h32

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

Francois Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, à Tokyo, au Japon, le 19 novembre 2018.
Francois Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, à Tokyo, au Japon, le 19 novembre 2018. Toru Hanai / REUTERS

En 2018, il appelait le président Emmanuel Macron à freiner la hausse des dépenses publiques. Cette année, dans sa traditionnelle « lettre au Président de la République » (l’exercice date de 1945), le gouverneur de la banque de France François Villeroy de Galhau a choisi de ne pas distribuer ses conseils à l’exécutif. A la place, il s’est concentré sur les « acquis et défis de l’euro », qui fête ses vingt ans cette année.

« La monnaie unique est un succès incontestable, elle a tenu ses promesses, et elle bénéficie d’un fort soutien populaire », insiste le gouverneur. Elle a assuré la stabilité des prix, avec une inflation moyenne de 1,7 % en zone euro, « soit trois fois moins que dans les vingt années précédentes », détaille le document. Elle a également instauré la stabilité du taux de change, rompant avec les dévaluations compétitives des monnaies, pénalisantes pour le pouvoir d’achat, dont le franc ou la lire italienne étaient autrefois coutumiers.

Cette stabilité, comme la confiance qui l’accompagne, ont permis à l’Etat et aux ménages tricolores d’emprunter moins cher. « La France économise ainsi chaque année au moins 35 milliards d’euros sur la charge de sa dette, soit l’équivalent du budget de la défense », souligne la lettre. En outre, le taux moyen des crédits à l’habitat est tombé à 1,5 % en décembre 2018, contre 5,6 % en décembre 1998.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi François Villeroy de Galhau : «  Il faut ralentir, voire stabiliser, l’augmentation des dépenses  »

La compétitivité de la France s’est dégradée en Europe

Si les Français n’en ont pas toujours conscience, leur pouvoir d’achat n’a pas été pénalisé par l’introduction de l’euro : « Entre 1999 et 2018, son augmentation cumulée est de 20 %, contre 12 % en zone euro. » Et le prix de la baguette de pain, hautement symbolique, a progressé de 1,6 % par an depuis 2001, soit à peine plus que l’inflation moyenne dans le pays (1,4 %).

Néanmoins, le gouverneur s’interroge : « L’euro a-t-il entraîné des facilités excessives pour notre pays ? » En réponse, il souligne que notre compétitivité en Europe s’est dégradée depuis 1999, principalement à cause des « fortes augmentations du coût du travail de la première décennie, nettement supérieures à celles de la productivité ».

En outre, notre « tendance au déficit et à la dette », qu’il décrit comme bien plus ancienne que l’introduction de la monnaie unique, a été « facilitée par les baisses des taux d’intérêt grâce à l’euro, puis plus récemment grâce à la politique monétaire très accommodante ». Il appelle le chef de l’Etat – comme l’an passé – à stabiliser les dépenses publiques, (56 % du PIB en 2018).

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: