En Russie, l’étoile pâlie du pouvoir face au coronavirus

0
115

[ad_1]

Par

Publié aujourd’hui à 01h31

Quand bien même son auteur est anonyme, la formule s’est taillé un franc succès en Russie. Au site d’investigation Proekt, qui l’interrogeait le 9 mai sur les chiffres étonnamment bas de la mortalité due au Covid-19 dans le pays, un médecin moscovite répondait, fataliste : « On ne saura jamais la vérité… Ou peut-être dans trente ans, sur HBO. » Comme si la Russie était condamnée à répéter les errements et les dissimulations qui avaient suivi l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, du temps de l’Union soviétique, en 1986. Comme si le salut, ou en tout cas la vérité, ne pouvait venir que de l’extérieur, que d’un producteur américain de séries télévisées.

La formule est à la fois injuste et formidablement trouvée. Injuste, car le nouveau coronavirus charrie son lot de mystères et d’interrogations sur l’ensemble de la planète, et la gestion de la pandémie n’a pas été plus catastrophique en Russie qu’ailleurs, même si le pays se classe au troisième rang, derrière les Etats-Unis et le Brésil, en nombre total de contaminations recensées (370 000 au 27 mai). Bien trouvée, car elle rappelle qu’à chaque crise, dans ce pays, se pose de façon aiguë la question de la confiance entre l’Etat et la société, deux sphères, quasiment deux mondes, habituées à évoluer de manière parallèle. A l’heure où l’épidémie semble se stabiliser, avec moins de 9 000 nouvelles contaminations quotidiennes, ce fossé apparaît particulièrement béant.

Il faut dire que la première réaction des autorités, en l’occurrence celle du président Vladimir Poutine lui-même, fut assez caricaturale. Le 1er mars, lorsqu’il s’exprime pour l’une des toutes premières fois au sujet du Covid-19, le chef du Kremlin fait la déclaration la plus conventionnelle et sans doute la plus contre-productive qui soit : « Tout est fait pour lutter contre cette maladie dangereuse. La situation dans son ensemble est sous contrôle. »

Le monde compte alors près de 90 000 cas ; 7 pour la Russie et ses 144 millions d’habitants. De fait, le pays ne se contente pas de ces assurances présidentielles. Dès la fin février, les autorités prennent des mesures de contrôle strict des confins du territoire. Les 4 200 kilomètres de frontière terrestre avec la Chine sont fermés, les voyageurs arrivant de zones à risque sont soumis à de rigoureuses quarantaines. A Moscou, le système de reconnaissance faciale de la ville, fort d’au moins 100 000 caméras, est mis au service de ces contrôles, de même que le très efficace système d’e-gouvernance, qui permet de maintenir un lien constant avec les citoyens.

Il vous reste 88.5% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: