A Bruxelles, les doutes des eurodéputés français, un an après

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LETTRE DE BRUXELLES

Un eurodéputé assiste à une session extraordinaire du Parlement européen, à Bruxelles, le 26 mars.
Un eurodéputé assiste à une session extraordinaire du Parlement européen, à Bruxelles, le 26 mars. FRANCOIS LENOIR / REUTERS

Il y a presque un an, le 26 mai 2019, ils étaient élus députés européens. Pour chacun d’eux – Manon Aubry, tête de liste de La France insoumise, ses concurrents de Place Publique Raphaël Glucksmann ou du parti Les Républicains François-Xavier Bellamy, et Stéphane Séjourné qui était directeur de campagne de la liste macroniste Renaissance –, une nouvelle vie a commencé.

Agés de 30 à 40 ans, ces quatre-là n’avaient jamais siégé dans aucun parlement. Ils ont découvert en même temps les joies du Thalys de 6 h 13 au départ de Paris, les bâtiments – parfois hostiles tant on s’y perd – du Parlement européen, les us et coutumes de cette assemblée législative si éloignés de la Ve République et des pratiques du Palais-Bourbon. Politiquement, ils n’ont pas forcément grand-chose en commun, et pourtant, le regard français qu’ils portent sur cette enceinte, après un an de fréquentation, n’est pas si différent.

Interrogés sur leur travail d’eurodéputé, ils évoquent très vite cette culture du compromis si caractéristique des institutions communautaires. « C’est comme si l’Assemblée nationale était élue à la proportionnelle intégrale », juge M. Séjourné. Avant d’ajouter : « Les Français sont des grands brûlés de la IVe République. Et tout ce qui ressemble à un consensus y est vécu comme une forme de résignation politique. »

Cultures politiques différentes

Car non seulement le Parlement européen n’a pas de majorité mais il faut qu’au moins trois groupes politiques – les conservateurs du PPE, les sociaux-démocrates des S&D et les libéraux de Renew – s’entendent, pour qu’un texte soit adopté. En outre, comme les élus d’un même groupe ne réagissent pas toujours de la même manière – les cultures politiques variant d’un pays à l’autre – il faut aussi parfois aller chercher des voix des Verts.

« Sur le libre-échange par exemple, au sein des sociaux-démocrates, les Français ne pensent pas comme les Espagnols ou les Allemands », explique M. Glucksmann, qui se souvient encore d’une confrontation sur le sujet avec ses confrères du SPD, quand l’un d’entre eux a fini par lui lancer : « Vous ne pouvez pas comprendre, vous n’avez pas l’expérience du nazisme. »

« Pour détendre l’atmosphère, j’ai récité un poème en allemand, Le Roi des aulnes de Goethe », poursuit l’essayiste, qui se dit fasciné par ces débats politiques « en vingt langues, où on s’engueule en roumain, on s’interpelle en anglais, on se répond en espagnol et on conclut en italien ».

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