A Berlin, les restaurants rouvrent, les clients hésitent

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Une serveuse du restaurant Petrocelli porte un masque face à des clients, à Berlin, le 16 mai.
Une serveuse du restaurant Petrocelli porte un masque face à des clients, à Berlin, le 16 mai. FABRIZIO BENSCH / REUTERS

En temps normal, avec un soleil pareil, on n’aurait trouvé aucune place assise dans un restaurant un dimanche matin. Helmholtzplatz et ses environs, dans le quartier de Prenzlauer Berg, à Berlin, sont un endroit très prisé pour ses brunchs, qu’on déguste longuement en famille ou entre amis, parfois jusque tard dans l’après-midi. Mais ce dimanche 17 mai, le quartier semble encore endormi. Depuis vendredi, les restaurants ont obtenu le droit de rouvrir, mais tous ne l’ont pas fait. Et ceux qui servent sont bien moins vivants que d’habitude.

Carolin et Lorenz, jeune couple trentenaire, se sont assis à une table du café Moloko, installée sur le trottoir. « On était pressés de retourner au restaurant. On en avait assez de cuisiner à la maison. Mais on s’attendait à voir plus de monde », regrette Carolin. « Pour un dimanche de mai la rue est plutôt vide, peut-être que les gens sont encore dans un autre rythme, ou alors ils ont peur de retourner au restaurant », s’interroge Lorenz.

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Buffets interdits

A l’intérieur, Nikono, le gérant, espère bien que les gens vont revenir. « Je perds beaucoup d’argent. Pour respecter la distance de 1,5 m entre chaque table, on a enlevé une table sur deux. Et moins de la moitié sont occupées pour l’instant, » dit-il. Habituellement, le dimanche, il sert le brunch sous forme de buffet. Mais ils sont interdits jusqu’à nouvel ordre, le risque de contamination étant trop important.

Contrairement aux restaurants, les bars n’ont pas rouvert

Les deux chefs et le serveur qu’il emploie travaillent sous un masque. « Je suis incapable de vous dire si j’arriverai à couvrir mes frais à la fin du mois. Mon propriétaire a accepté de reporter le loyer, mais il faudra que je le paye un jour. J’ai reçu quelques aides de l’Etat, mais j’aurais préféré le gagner, cet argent. Je veux surtout montrer que je suis là. » Il regrette notamment la fermeture à 22 heures, qui limite fortement l’activité de soirée. Contrairement aux restaurants, les bars n’ont pas rouvert.

Diana, la cinquantaine, a terminé son yaourt aux graines de chia et boit à petites gorgées son latte machiatto au soleil dans un café de la Raumerstrasse. « C’est fantastique de sentir de nouveau des gens autour de soi », dit-elle, toute seule à sa table. « Pour moi c’est un rituel de venir bruncher ici le dimanche matin. Mais il y a un détail qui me manque terriblement : il n’y a plus de journaux à disposition ! D’habitude je lisais le Berliner Morgenpost pendant des heures. Je me demande si cette tradition va revenir maintenant. »

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