Les services diplomatiques et de sécurité belges s’inquiètent du « bio-espionnage » chinois

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Présentation du Breath4life, un nouveau type de ventilateur développé par l’université catholique de Louvain, le 26 mars.
Présentation du Breath4life, un nouveau type de ventilateur développé par l’université catholique de Louvain, le 26 mars. DAINA LE LARDIC / AFP

Le moment choisi par les auteurs de cette fuite n’est, sans doute, pas dû totalement au hasard. Mais ces récentes révélations sur les tentatives de « bio-espionnage » auxquelles se livreraient des responsables chinois à Bruxelles intéressent beaucoup les services diplomatiques et de sécurité dans la capitale européenne. Un véritable nid d’espions, où les services de différents pays, européens ou non, se livrent généralement une vive concurrence.

Le site EUobserver a détaillé, le 6 mai, des rapports établis par la sûreté de l’Etat – le service de renseignement belge – au sujet d’opérations menées supposément par la Chine auprès de spécialistes de vaccins et d’agents biologiques, ainsi que d’entreprises du domaine pharmaceutique et high-tech. Les nombreuses informations recensées dans ces documents portent principalement sur la période 2010-2016, mais des personnes de nationalité chinoise, apparemment impliquées, seraient toujours présentes sur le territoire belge.

Selon ces rapports, les opérations menées en Belgique se placeraient dans le cadre d’un programme secret concernant les armes biologiques et traduiraient les soucis tant « défensifs » (mieux endiguer les épidémies) qu’« offensifs » (la fabrication d’une éventuelle arme biologique) de Pékin. Une convention internationale sur l’interdiction des armes biologiques, entrée en vigueur en 1975, a été ratifiée par 180 Etats, mais son efficacité reste très limitée, en raison de l’opposition des Etats-Unis et de l’absence d’un système de vérification.

Sociétés chinoises jugées « suspectes »

En Belgique, selon EUobserver, des scientifiques étaient particulièrement visés. L’un d’eux, Jean-Luc Gala, un ancien militaire, est un spécialiste du virus Ebola et responsable du Centre de technologies moléculaires appliquées (CTMA), qui effectue des recherches sur les agents biologiques dangereux et les moyens thérapeutiques. Deux sociétés chinoises jugées « suspectes » se sont installées à proximité de ses bureaux, sur un campus de l’Université catholique de Louvain (UCL), indique le rapport de la sûreté, qui évoque les liens d’un dirigeant de ces sociétés avec le ministère chinois de la sécurité de l’Etat (MSS), les services secrets. On ignore toutefois si ces deux sociétés se sont effectivement livrées à de l’espionnage.

Louvain-la-Neuve a aussi été choisie comme lieu d’implantation du Centre belgo-chinois de technologie (CBTC), qui abrite une vingtaine de sociétés spécialisées dans les sciences de la vie et l’intelligence artificielle. A terme, quelque 800 spécialistes chinois devraient y travailler. Le CBTC, inauguré en 2014, lors d’une visite du président Xi Jinping, pourrait représenter « un danger d’espionnage économique au détriment de l’université et de nombreuses sociétés du secteur high-tech », relevait la sûreté à cette période, sans démontrer que ce danger se soit matérialisé.

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