En Europe, les pays du Sud sont plus affectés par les destructions d’emploi

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Célébration sans pélerins lors du 103e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie au sanctuaire catholique de Fatima (Portugal), le 13 mai.
Célébration sans pélerins lors du 103e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie au sanctuaire catholique de Fatima (Portugal), le 13 mai. PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Partir à l’étranger, pour tenter sa chance là où la conjoncture est un peu meilleure. Depuis que la boutique de souvenirs où elle travaillait, près de Lisbonne, a baissé le rideau, Joana Ribeiro y réfléchit sérieusement. La jeune femme tourne en rond dans le petit appartement qu’elle partage avec sa sœur. Elle compte les jours. Et angoisse : « La saison touristique est morte et je ne suis pas prête de retrouver un job dans le secteur. » En 2008, lors de la précédente crise, nombre de ses amis avaient émigré au Royaume-Uni ou au Brésil pour échapper au chômage. Elle avait choisi de rester auprès de ses parents, aujourd’hui à la retraite, et de terminer ses études de lettres. « On va revivre les mêmes galères, les fins de mois difficiles avec en plus, la peur d’attraper le virus. Autant partir. Mais quel pays, aujourd’hui, est épargné par la maladie ? »

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A l’heure où le Vieux Continent entame un déconfinement prudent, les inquiétudes de nombreux Européens, au Portugal comme ailleurs, se cristallisent désormais autour de l’emploi. « Les pays membres de la zone euro ont retenu les leçons de la crise de 2008 et ont tous adopté le chômage partiel pour protéger les salariés », observe Nadia Gharbi, économiste chez Pictet WM. En cela, le modèle européen est plus protecteur que celui des Etats-Unis, où le taux de chômage a bondi de 3,5 % en février à 14,7 % en avril, au plus haut depuis juin 1940. Il n’empêche : « L’Europe n’est pas épargnée pour autant par les destructions de postes, et celles-ci risquent d’exploser lorsque les dispositifs de chômage partiel seront levés », ajoute Mme Gharbi.

De fait, le taux de demandeurs d’emploi a déjà grimpé de 7,3 % à 7,4 % dans la zone euro en mars, et il devrait franchir la barre des 10 % d’ici décembre, estime le Fonds monétaire international (FMI), dans ses dernières prévisions. La hausse s’annonce particulièrement marquée en Espagne (14,1 % en 2019 à 20,8 % sur l’ensemble de 2020), en Grèce (17,3 % à 22,3 %), en Italie (10 % à 12,7 %), au Portugal (6,5 % à 13,9 %) ou encore en Irlande (5 % à 12,1 %). En revanche, elle sera sans doute plus modérée en Allemagne (3,2 % à 3,9 %), en Autriche (4,5 % à 5,5 %) ou aux Pays-Bas (3,4 % à 6,5 %).

Héritage de la crise précédente

Ces écarts sont en grande partie l’héritage de la précédente crise. Durement frappés par la spéculation sur les dettes souveraines et la récession de 2010-2012, les pays périphériques de l’Europe, en particulier au sud, sont entrés dans la crise du Covid-19 avec un nombre de chômeurs proportionnellement plus élevés qu’au nord. « Comble de malchance, la récession actuelle s’annonce également plus douloureuse pour eux », ajoute Jésus Castillo, chez Natixis. Parce que les mesures de confinement prises pour endiguer la pandémie y ont été plus sévères, « mais aussi en raison de la structure de leurs économies, où le tourisme pèse un poids considérable ».

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