[ad_1]
Le processus de paix lancé, fin février, par un accord entre talibans afghans et Américains n’a pas arrêté la violence. Un commando armé de quatre à six hommes, selon les sources, a pénétré, mardi 12 mai, dans l’hôpital Dasht-e-Barchi, à l’entrée ouest de Kaboul. Comptant une centaine de lits, celui-ci est soutenu par Médecins sans frontières (MSF), qui gère en direct, depuis 2014, le service de maternité. Les combats avec les forces de sécurité ont duré quatre heures, jusqu’à la mort des assaillants. Le bilan officiel provisoire faisait état, mardi soir, de quatorze morts, dont deux nouveau-nés, et de dizaines de blessés. En réponse, le président afghan, Ashraf Ghani, a ordonné la reprise active des combats contre les mouvements insurgés, faute d’avancées sur le terrain de la réconciliation nationale.
L’attaque a débuté vers 10 heures en deux temps, tout d’abord une forte explosion puis des hommes déguisés en policiers qui sont entrés dans la cour de l’établissement en faisant feu et en lançant des grenades. Une file de personnes était déjà formée à l’extérieur afin de satisfaire aux mesures de contrôle sanitaire prises pour lutter contre le Covid-19, qui sévit dans le pays. Plusieurs ont été tuées, dont le gardien de l’hôpital, ou blessées. D’autres membres du commando auraient pénétré dans l’enceinte par un autre endroit.
Selon le ministère de la santé, des mères, des enfants et du personnel soignant figurent parmi les victimes. Une femme a été retrouvée abattue sur son lit à la maternité. Des personnes ont réussi à fuir ou à se réfugier dans les abris sécurisés. Des personnels afghans de MSF ont également perdu la vie. Les médias audiovisuels montraient, mardi, en boucle, les images de nourrissons évacués par des soldats, certains enveloppés dans des draps tachés de sang.
Des doutes sur la vraie nature de la cible
L’hôpital de Dasht-e-Barchi est situé dans une zone habitée par la communauté chiite des Hazara, qui est, de manière répétée, la cible des groupes affiliés à l’organisation Etat islamique (EI). Ce quartier pauvre de près de un million de personnes bénéficie, avec cet hôpital et notamment cette maternité, qui assure des soins obstétricaux et néonataux complexes, de l’une des rares offres de soins gratuites dans la capitale. MSF gère aussi le laboratoire de l’établissement, une banque de sang et une unité de stérilisation.
L’ONG française s’est refusée, mardi, à tout commentaire, souhaitant mener, dans un premier temps, son enquête auprès de ses personnels, des témoins et des blessés. Une prudence qui s’expliquerait, notamment, par l’existence de doutes, exprimés par des sources sécuritaires afghanes, sur la vraie nature de la cible du commando, qui aurait pu utiliser l’hôpital comme passage pour atteindre une maison mitoyenne très sécurisée abritant des agents de renseignement occidentaux. Certains d’entre eux auraient été vus participant au combat contre les assaillants.
Néanmoins, cette attaque est un nouveau coup dur pour MSF après le bombardement, début octobre 2015, de son hôpital à Kunduz, dans le nord du pays, par un avion américain, qui avait fait 42 morts. Présente en Afghanistan depuis 1980, l’ONG avait dû cesser ses activités entre 2004 et 2009 après l’assassinat de cinq employés dans la province de Badghis.
Pour assombrir plus encore ce mardi noir, dans la province nord-est de Nangarhar, 24 personnes ont été tuées et 68 autres blessées dans un attentat-suicide commis lors des funérailles d’un chef de la police. Sans que l’on sache si cela a un lien, le chef régional de l’EI, Abou Omar Khorasani, avait été arrêté lundi à Kaboul. Les talibans ont démenti avoir participé à ces deux attaques.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment: