l’Europe essaie de cadrer la saison estivale

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Sur la terrasse d’un restaurant fermé à Sperlonga, une ville balnéaire à la mode, le 28 avril en Italie.
Sur la terrasse d’un restaurant fermé à Sperlonga, une ville balnéaire à la mode, le 28 avril en Italie. ANDREW MEDICHINI / AP

A quoi ressembleront nos vacances cet été ? Le 12 avril, Ursula von der Leyen recommandait aux Européens « d’attendre avant de faire des plans » dans un entretien au journal allemand Bild am Sonntag. Huit jours plus tard, la présidente de la Commission tentait de rectifier le tir, en affirmant à l’hebdomadaire portugais Expresso : « Je pense que nous allons trouver des solutions intelligentes pour avoir des vacances. » Mercredi 13 mai, l’exécutif communautaire devait essayer de donner du corps à cette déclaration, en publiant ses recommandations aux Etats membres en la matière.

En réalité, personne à Bruxelles n’imagine sérieusement que la saison touristique sera sauvée, alors que l’épidémie est loin d’avoir disparu. Il est d’ores et déjà acquis que les frontières extérieures de l’Union européenne (UE) resteront fermées, ce qui prive mécaniquement les Vingt-Sept de 18 % de leurs revenus touristiques. Quant au tourisme d’un pays européen à l’autre − qui représente 38 % du chiffre d’affaires du secteur −, il devrait être limité. Même la Commission n’a pas l’air de croire que les frontières, aujourd’hui quasiment toutes fermées, seront largement rouvertes cet été.

Entre pays ayant adopté des mesures préventives similaires

Prudent, à en croire un document que s’est procuré Le Monde, l’exécutif européen préconise que cela se fasse progressivement, entre pays présentant le même profil épidémiologique, ayant adopté des mesures préventives similaires (confinement, distanciation sociale…) et de manière proportionnée. Il s’est engagé à publier une carte, qui rendra compte, en temps réel, de l’état d’avancée du virus partout en Europe. Encore faudrait-il que les Etats membres lui fournissent des données actualisées et comparables, ce qui, à ce stade, n’a rien d’évident…

« Ce ne sont pas des recommandations, mais des orientations », tient à préciser un haut fonctionnaire, conscient du caractère plus qu’aléatoire de l’exercice. D’autant que rien n’oblige les Etats membres à tenir compte des conseils que leur prodigue Bruxelles. Ils ont d’ailleurs, ces dernières semaines, multiplié les annonces désordonnées comme à la mi-mars quand ils avaient, les uns après les autres, fermé leurs frontières.

Dernier épisode en date, l’Espagne a fait savoir le 12 mai, que toute personne arrivant sur son territoire depuis l’étranger serait mise à l’isolement pendant quatorze jours. La France avait pris la même décision il y a quinze jours, avant de se raviser partiellement, en exonérant les résidents européens de toute quarantaine. Récemment, la Croatie et la Grèce ont, pour leur part, lancé l’idée de « passeports Covid-19 » qui permettraient à leur détenteur de circuler librement.

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