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Donald Trump s’est montré grinçant, vendredi 8 mai, sur Fox News, en commentant le fiasco. Cinq jours plus tôt, les autorités vénézuéliennes avaient annoncé l’échec d’une tentative de débarquement d’une formidable armada rebelle résumée à deux esquifs et à une vingtaine d’hommes. « Elle n’était manifestement pas dirigée par le général George Washington », a-t-il ironisé. « Ce n’était pas une bonne attaque. Je pense qu’ils ont été pris avant même qu’ils soient à terre. Si nous devions faire quelque chose avec le Venezuela, on ne s’y prendrait pas comme ça », a ajouté le président des Etats-Unis qui souhaite ouvertement le départ de Nicolas Maduro.
Il est rare qu’un pareil naufrage soit annoncé à l’avance par une agence de presse. C’est pourtant ce qui s’est produit pour cette rocambolesque équipée. Le 1er mai, le journaliste de l’agence Associated Press, Joshua Goodman, publie une très longue dépêche consacrée à « la tentative ratée pour chasser Maduro conduite par un ancien béret vert ». L’article décrit minutieusement les efforts déployés par un ancien militaire américain, Jordan Goudreau, pour mettre sur pied une petite milice capable de débarquer sur les côtes vénézuéliennes pour déclencher un soulèvement général.
Un seul détail manque au récit : l’opération présentée comme avortée va avoir vraiment lieu deux jours plus tard. Elle se solde par la mort de huit insurgés et par la capture des autres, dont deux ressortissants américains, et ravive un passé de soldats de fortune et de coups tordus des Etats-Unis en Amérique latine.
Tentative ratée de coup d’Etat contre Nicolas Maduro
Tout commence un an plus tôt après une tentative déjà ratée de coup d’Etat contre Nicolas Maduro, en avril 2019. A cette époque, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, nostalgique revendiqué de la débâcle anticastriste de la Baie des Cochons, en 1961, pèse de tout son poids pour convaincre une partie du régime vénézuélien de se retourner contre l’héritier de Hugo Chavez. Sans succès.
Quelques semaines plus tard, une coalition hétéroclite se retrouve dans un grand hôtel de Bogota, en Colombie. Il y a là des opposants historiques, des renégats du chavisme et les inévitables mercenaires, représentés en l’occurrence par Jordan Goudreau qui a servi en Irak et en Afghanistan. L’ancien soldat a été chargé en février, dans ce même pays, de la sécurité d’un concert de soutien à Juan Guaido, le président autoproclamé du Venezuela, reconnu par les Etats-Unis et une bonne partie des pays d’Amérique latine et d’Europe. Le concert a été financé par le magnat britannique Richard Branson.
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