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Pour les populistes au pouvoir, la crise due au Covid-19 se solde par une débâcle. Qu’ils exercent en démocratie ou qu’il s’agisse d’autocrates confirmés, le résultat est le même : ils affichent un bilan désastreux. Ils ont manifesté une incapacité à gouverner de proportion historique. Les dirigeants populistes avaient l’occasion – en vrai, en réel, en travaux pratiques – de manifester leur supériorité proclamée sur les « élites » traditionnelles. L’échec est patent et devrait servir de leçon.
Prenons, à titre tout à fait fortuit, bien sûr, deux des héros de la Française Marine Le Pen et de l’Italien Matteo Salvini : Donald Trump et son homologue brésilien, Jair Bolsonaro.
La chef du Rassemblement national et le patron de la Ligue du Nord ont chanté les louanges de Trump et de Bolsonaro quand ces derniers arrivèrent au pouvoir. Marine Le Pen s’est précipitée à New York au lendemain du 8 novembre 2016. On se souvient d’elle faisant le pied de grue dans le hall de la Trump Tower, espérant, vainement d’ailleurs, un rendez-vous avec son grand homme. De même s’était-elle perdue en compliments à l’automne 2018 pour saluer l’élection de Bolsonaro, représentant d’une droite extrême qui ne cachait pas sa nostalgie de l’époque de la dictature militaire au Brésil.
A Washington comme à Brasilia, dans la plus puissante des démocraties occidentales et dans la plus grande d’Amérique latine, nos deux protestataires européens voyaient l’avènement d’une nouvelle ère politique. Leurs champions, Trump et Bolsonaro, incarnaient des valeurs partagées : nationalisme identitaire, diabolisation des élites, prétention au monopole de la représentation du « peuple », assurance d’incarner un pouvoir « fort ». L’histoire soufflait du côté du camp nationaliste. C’était la fin des compromis avec la mondialisation. L’Etat reprenait le « contrôle » et les frontières. L’échelon « national », c’est évident, était le cadre de solutions simples à tous les problèmes. On allait voir ce qu’on allait voir.
Dénonciation des « élites »
On a vu. Dans la réponse au SARS-CoV-2, les démocraties arrivent en ordre dispersé : certaines prises de court, d’autres mieux armées. Les régimes autoritaires n’ont pas fait mieux : les uns compétents, les autres dépassés. Mais les grands dirigeants populistes ont échoué « plus encore que les autres », dit le politologue américain Yascha Mounk à notre confrère des Echos (22 avril). A la première crise sérieuse, ils ont montré leurs limites. Elles sont congénitales, font partie de leur ADN politique. Exploitant le malheur économique et social des classes ouvrières et moyennes, le populisme conquiert le pouvoir sur la dénonciation des « élites », la désignation de boucs émissaires (mondialisation, Union européenne [UE], euro, immigration) et la formulation de « y a qu’à ».
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