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Le rendez-vous est incontournable pour le leader du Parti social-démocrate suédois. En 2019, Stefan Löfven avait prononcé son discours du 1er-Mai à Umea, au nord du pays. Cette année, le premier ministre de la Suède s’est exprimé sur Facebook, épidémie liée au coronavirus oblige. L’allocution n’était d’ailleurs pas celle d’un patron de parti, mais d’un chef de gouvernement : appel à la responsabilité individuelle et à la solidarité, reconnaissance de la gravité de la situation… « Beaucoup de gens encore vont mourir », a-t-il déclaré.
Ces mots, Stefan Löfven les a déjà prononcés lors de son allocution télévisée du 25 mars et de ses nombreuses conférences de presse, où il n’a jamais cessé de défendre la stratégie du royaume face à la pandémie. Pas de confinement ni de mesures obligatoires. Seulement des recommandations et un appel au civisme.
Si les lycées et universités ont fermé, les crèches, écoles primaires et collèges sont restés ouverts. Même chose pour les cafés et les restaurants. Seuls sont interdits les rassemblements de plus de 50 personnes et les visites en maison de retraite.
Dans les faits, les Suédois ont changé leur façon de vivre. L’économie en souffre d’ailleurs. L’Institut de la conjoncture prévoit une baisse du PIB de 7 % en 2020, tandis que le bilan humain s’alourdit. Plus de 21 500 personnes ont été contaminées et 2 653 ont succombé au Covid-19. Cela représente 256 morts pour un million d’habitants, contre 78 pour le Danemark et 38 pour la Norvège et la Finlande, qui ont opté pour le semi-confinement.
A l’étranger, la méthode fait débat. En Suède aussi, des chercheurs la critiquent. Mais ils restent ultraminoritaires. Même chose sur la scène politique, où seul Jimmie Akesson, le chef de file des Démocrates de Suède (SD, extrême droite), a osé mettre en doute la décision du gouvernement et de Stefan Löfven de suivre les recommandations de l’Agence de santé publique – une spécificité du modèle de gouvernance suédois.
Le consensus n’est pas seulement politique. Selon une étude publiée le 21 avril par l’institut Novus, 63 % des Suédois font confiance au gouvernement pour gérer la crise (70 % selon Ipsos/Sopra-Steria). Ils n’étaient que 43 % un mois plus tôt. Les chiffres sont encore plus élevés concernant l’Agence de santé publique, qui dispose de la confiance des trois quarts des personnes interrogées.
L’épidémie a rebattu les cartes
Début février, pourtant, Stefan Löfven était au plus bas dans les sondages. Les Démocrates de Suède avaient détrôné le Parti social-démocrate au rang de première force politique du pays, à la faveur d’un débat public monopolisé par la criminalité et l’échec de l’intégration. L’épidémie due au coronavirus a rebattu les cartes. En un mois, la cote de popularité du premier ministre a gagné plus de 20 points et son parti est repassé devant l’extrême droite dans les intentions de vote (à 29 %, contre 21 % pour le SD, le 28 avril).
A droite, l’opposition, atone jusque-là, tente de reprendre la main sur les questions économiques, en critiquant l’insuffisance des aides aux entreprises. Dans son discours du 1er-Mai, Stefan Löfven a refusé de polémiquer. « Les conflits politiciens devront attendre », a-t-il martelé, appelant encore une fois à l’unité.
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